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1° courrier reçu en novembre 2003
Les bons souvenirs de Montrouge
remontent souvent à la surface depuis mon entrée en licence, car le manque
de proximité avec les professeurs et l'absence de connaissances du terrain
qui leur fait grand défaut, me rappellent que l'IRTS était un Institut de
valeur.
Pour la plupart (99%), les
professeurs sont des sociologues et ne connaissent la pratique qu'à travers
des entretiens, des analyses statistiques et les oeuvres de leurs auteurs
favoris. Par exemple, la matière " ECOLE ET SOCIETE ", nous aurions pu
penser en introduction à l'histoire de l'école et par la suite les
pédagogies développées tout au long des sociétés anciennes jusqu'à
aujourd'hui ? Et bien non, nous ne faisons que de l'histoire du système
scolaire, les lois et leurs mise en application.
Pour la matière " INTRODUCTION AUX
SCIENCES SOCIALES ", nous sommes des sociologues qui étudions les discours
et travaux des sociologues: WEBER, BOURDIEU "ENFANCE ET DEVELOPPEMENT " nous
sommes toujours dans la théorie mais là basée sur la psychologie, donc
FREUD, KLEIN Nous avons également communication, mathématiques, stage en
école,
expression écrite, recherche (avec
production d'un mémoire de recherche),grammaire et technologies éducatives
Voilà, cela vous donne une petite
idée de la TRES grande différence entre les enseignements à Montrouge et la
licence de sciences de l'éducation.
Ils nous préparent à la maîtrise
puis à un doctorat mais en aucun cas à la pratique professionnelle.
Mais pour mon cas, mon parcours et
mes connaissances d'EJE sont un énorme
bagage.
Tant au niveau des enseignements,
des acquisitions, de la méthodologie de l'analyse, qu'au niveau de la
pratique professionnelle, je me sens mieux armée pour aller dans un
établissement scolaire et devenir progressivement
un" bon" professeur.
Cette licence est très intéressante
pour l'étude de notre société, ce qui en soit est très important pour mieux
se situer dans une société en plein mouvement.
Mais en terme de pédagogie, il
faudrait au moins avoir un cours à ce sujet !
L'ambiance est très bonne dans cette
université, nous sommes tous solidaires, d'autant plus que nous sommes tous
très souvent en petits groupes et que cela nous demande de nous regrouper et
de travailler ensemble sur des sujets qui ne devaient pas au premier abord
nous rassembler.
Toutefois, je suis plus souvent dans
un groupe d'adultes. Elles sont soit en reconversion, soit après une pause
professionnelles comme moi, se retrouvent au sein d'étudiants de 21 ans.
Cela crée un grand écart d'intérêts .
Notre groupe à tendance à discuter
autour d'un café de ce que pense chacun de la position de Durkheim par
rapport à Weber,
Je me sens en plein épanouissement
personnel dans ce projet car je sais ce que je souhaite et je sais aussi à
quoi m'attendre sur le terrain. Je ne me sens pas perdue ni même en
désaccord avec le& enseignements. Je sais que j'y
arriverai.
Je vous donnerai régulièrement des
nouvelles si vous me le permettez et ainsi j'aurai le plaisir de vous lire
en retour.
Je vous souhaite de bonnes fêtes de
fin d'année et vraiment merci pour votre réponse.
Vous avez été et encore aujourd'hui
pour moi une pierre de mon édifice personnel et professionnel et je pense
que l'occasion qui m'est offerte de pouvoir vous le dire est encore une
magnifique chance.
Second courrier en avril 2007, suite
à la parution de l'ouvrage sur "Les enjeux du métier d'eje"
Suite à ma licence de sciences de
l'éducation, le projet initial était d'intégrer un IUFM et de devenir
professeur des écoles spécialisé.
Malheureusement, je comptais parmi les chômeurs que l'état appelait "les
recalculés" à l'époque et dès la fin de ma licence, les assedics ont mis un
terme à mon financement de formation prématurément. C'est ainsi que je suis
retournée sur le marché du travail. En désespoir de cause, j'ai dû me
résigner à être éducatrice en crèche (ce qui pour moi était vraiment un
arrache cœur). La nécessité de gagner un salaire était certes plus forte que
l'envie et la motivation mais le temps de m'adapter, j'ai pu me remettre en
selle. C'est une crèche privée, comme il en existe aujourd'hui. Le projet me
plaisais et le désir de mettre en évidence le rôle prépondérant de l'eje
dans une structure naissante m'a attirée. C'est à force de persévérance que
j'ai pu apprécier mon travail. La "combativité" m'a également donné
l'occasion de devenir responsable de section puis après une année, je suis
devenue coordinatrice des trois sections et responsable formation. Cela me
permettait de me sentir éducatrice essentielle au bon fonctionnement du
projet pédagogique que l'on m'avait chargée d'écrire. Mais à structure
privée nous devrions rajouter "lucrative"! Le chiffre d'affaire était plus
important que la qualité d'accueil, ce à quoi je n'adhérais pas. C'est
pourquoi je me suis résignée à de nouveau travailler pour gagner ma vie et
non plus prendre du plaisir à faire des projets, communiquer avec les
familles et entreprendre des partenariats sur le long terme.
Aujourd'hui de nombreux projets foisonnent en moi comme ceux de monter une
structure d'accueil qui fonctionnerait avec des méthodes fondées sur le
respect de l'enfant, des parents, de l'environnement et de l'économie
sociale.
- Structure réalisée sur le mode HQE "haute qualité environnementale".
- Structure favorisant l'utilisation de matériaux écologiques pour le
fonctionnement quotidien : noix de lavage, couches lavables, coton
bio....
- Structure permettant aux parents de participer activement au bon
déroulement du projet pédagogique. Celui-ci mettant en évidence le espect
des rythmes de tous (mamans pouvant venir allaiter leur enfant à n'importe
qu'elle heure de la journée, utilisation d'écharpe de portage, utilisation
du lait maternel tiré par les mamans, création non pas de réunions
d'information mais de véritable pôle d'échanges entre les parents et les
équipes sur les activités ou sur les questionnements quant au développement
ou la santé de l'enfant etc
- Structure travaillant en partenariat avec les écoles pour favoriser une
adaptation en douceur pour les enfants entrant en première classe de
maternelle.
- Structure accueillant les enfants porteurs de handicaps, quels qu'ils
soient.
- Structure travaillant en partenariat avec les écoles de formations
d'éducateurs de jeunes enfants et spécialisés pour favoriser la remise en
question du personnel mais aussi permettre aux écoles non plus d'envoyer
seulement des stagiaires mais de créer de véritables centres d'observations.
Le constat personnel aujourd'hui est que l'inadéquation entre la formation
et le terrain demeure une épreuve pour tout nouveau diplômé. Elle crée un
fossé entre les plus expérimentés motivés, les plus anciens démoralisés et
les nouveaux, emplis d'espoirs de découvertes et vites découragés.
Il me semble que tout personnel travaillant auprès d'une population et
exerçant une action auprès d'elle devrait avoir accès, non pas à une
formation supplémentaire mais plutôt à des analyses de la pratique
professionnelle en permanence et tout au long de sa carrière. Cette
structure prendrait exemple sur les maisons de F. DOLTO et créerait une
nouvelle plate-forme de médiation mais là, basée sur les pratiques sociales
exercées et entre professionnels.
L'eje aujourd'hui doit s'adapter aux nouvelles pratiques, aux nouvelles
structures de la famille et aux nouveaux cadres de compétences qu'on lui
impose, c'est pourquoi il faut faire vite, enfin il me semble.
Tout ceci est peut-être utopique mais cela occupe bien mes rêves les plus
fous et comme tout le monde, il m'arrive de croire que j'arriverai un jour à
trouver les moyens humains et financiers d'approcher mon rêve.
En attendant, je prépare le concours de professeur des écoles spécialisé.
Voilà pour mes nouvelles.
Je suis heureuse d'apprendre que vous avez pu concrétiser votre projet
d'édition. Je vais le commander sur votre site.
Vous remerciant bien pour vos messages, je vous encourage à continuer à nous
faire partager votre expérience et votre sagesse.
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