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Jan Amos Comenius

Bibliographie
-
Boyer A.M.;Lienhard J.C."La réforme scolaire en Allemagne de l'est à la
lumière de Comenius"; Revue foi et éducationn°77 1992, janv-mars;bibliothèque
historique protestante;
- Cauly O. , " Comenius ", ed. du Felin, Paris 1995.
- Chalmel L. ," La petite école dans l'école, origine piétiste morave de l'école
maternelle française", préface de Jean Houssaye, ed. Peter Lang, col."pédagogie,
histoire et pensée", 2000
- Comenius J. A., "La grande didactique" ed. Klincksiek;
2002
- Daguet A., "Comenius" in dictionnaire de F. Buisson 1882 p. 421-427
- Heyberger A.; "Comenius, sa vie, son oeuvre d'éducation" Paris;
bibliothèque l'histoirique protestante; Paris
- Denis M.;3Un certain Comenius", Publi-Sud
; bibliothèque historique
protestante; 34676
- Piobetta J. B., "la grande didactique", extraits, Paris PUF, 1952
- Prévost J., posteface de J. Piaget;
" L’utopie éducative"; éditions Belin; 1981
- Voeltzel René.;"Comenius ou d'une
spiritualité"; Revue d'histoire et de philosophie religieuse ; bibliothèque
historique protestante; N)1; 1969; (cote Br8 (35).
Sites
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Comenius
Dossier
de l'encyclopédie de l'Agora. Site québécois. On y trouve sa biographie
détaillée avec de nombreuses citations et des références biographiques.
http://bohemica.free.fr/auteurs/comenius/biog_comenius.htm
Site de
littérature tchèque. Une bonne biographie de Comenius y est présentée, ainsi
qu'une bibliographie.
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Biographie
Né le 26 mars 1592 en Moravie, il meurt à Amsterdam en 1670. C’est la période de
Louis XIV, il vient après Erasme et Montaigne.
Né dans une famille de la secte des
Frères Moraves. Comenius va suivre tout le
cursus scolaire, lui-même va avoir de bons maîtres.
La guerre de 30 ans commence entre la maison d’Autriche la Bohème et la Moravie.
L’allemand devient la langue officielle.
Les Frères moraves sont persécutés, la bibliothèque de Comenius sera saccagée,
il perd sa femme et son fils. Il va en Pologne à la demande du prince Rakoczy
pour réformer les écoles. Jusqu’en 1652 il va essayer de mettre en place ses
idées, mais il a de nombreuses difficultés avec les maîtres, parents, élèves.
Comenius est obligé de s'expatrier en Allemagne où il fait des traductions et
écrit. Il va vivre en Suède une bonne partie de son existence. Toujours en exil,
deux fois sa bibliothèque sera brûlée.
Comenius va publier : "Le monde sensible illustré" écrit en 1654. C’est le
premier livre d’images : “Orbis pictus”. Ce livre est composé de grands thèmes
en latin, allemand, tchèque. Il y a quelque chose de nouveau, ce sont les
illustrations, avec des notes et des numéros. Il y a des commentaires qui sont
remplis de poésie. (Est réédité actuellement en Tchécoslovaquie) .
Ses publications pédagogiques ont du succès dans toute l'Europe et ceci jusqu'à
la fin du XIX ° siècle. Il correspond avec les savants de toute l’Europe,
propose des projets de réforme scolaire afin de transformer l’humanité.
Descartes parle de lui
Il est invité par le Parlement de Londres pour fonder un Collège des sciences
Universelles. Même L’Amérique le demande pour diriger le collège de Harvard.
Il reste en Suède où il écrit.
Il se réfugie définitivement à Amsterdam.
En 1665 il écrit à Louis XIV pour lui demander de convoquer un Concile européen
pour fonder un collège universel où toutes les découvertes scientifiques
seraient examinées en vue de leur utilisation pour le bien des hommes.
Il meurt en 1670 à 78 ans.
Ses buts
Relever sa patrie
Assurer le bien être de la famille et de l'état, mais aussi faire un homme
meilleur.
Il veut que l’école soit une véritable fabrique d’hommes où “l a lumière de la
sagesse éclairera l’esprit des élèves, lui fera promptement saisir les choses
manifestes et cachées, et où les âmes et leurs émotions seront amenées à une
harmonie universelle”
Tous doivent se considérer responsables de l’éducation. Ce n’est pas qu’une
affaire du maître.
Les origines des idées de Comenius se situent dans l'histoire de la résistance
d'une minorité :
Les frères
moraves
Un peu d'histoire… peut-être inconnue, mais qui donne un autre sens à
l'éducation qui est toujours solidaire des époques où elle est pensée. Nous la
décrivons rapidement.
Une partie de l'histoire de l'éducation est née de la résistance d'une minorité,
qui a commencé au 8° siècle en Moravie et en Bohème. A cette époque il y a un
problème avec Rome car le peuple veut être enseigné dans la langue vernaculaire.
Les Frères moraves sont persécutés à cause de leur volonté d'indépendance par le
pouvoir autrichien, mais aussi de leurs idées religieuses car ils désirent faire
un retour aux sources, c’est à dire à la mentalité des premiers chrétiens et
garder leur langue nationale. Les Frères moraves prêchent le retour à
l’évangile, dénoncent les injustices et l’intolérance religieuse.
La résistance continuera entre autre au XIV° siècle à Prague qui est la capitale
de l’empire romain germanique. Jan Huss originaire de Bohème du sud est leader
d’opposition à l’Eglise de Rome. Très révolutionnaire il désire que le message
biblique aille au peuple. Il y a dans sa démarche une dimension d'éducation
populaire. Ses idées portent sur l'importance de l’éducation et de la place de
la femme dans l’éducation. Il refait l'orthographe tchèque, et revoit la langue
littéraire... Invité par le Concile à Constance il y est emprisonné et brûlé
comme hérétique. Cela provoque une révolte à Tabor en Slovénie qui est un
endroit inaccessible. On y instaure une vie en communauté, une micro société. La
prédication dans la langue du pays persiste.
A partir de ce moment un nouveau rassemblement non violent s’instaure avec
Pierre Chels(ç)icki. La résistance armée se transforme en résistance pacifique
en particulier par l'éducation. On va donner de l'importance de l'enseignement
pour tous et surtout s’occuper des enfants le plus tôt possible.
Ils s'appellent "Les frères moraves". Ils vont coopérer à la valeur de la
littérature tchèque. Leurs écoles secondaires et supérieures sont de qualité et
vont y venir de nombreux élèves de toute l'Europe. Plus tard ils iront aux Etats
Unis. Leur succès a duré jusque la fin du XIX° siècle.
Organisent une réelle démocratie dans leurs institutions.
Ils produisent plus du tiers de la littérature tchèque alors qu'ils représentent
1/10ième de la population.
Ils ont une haute idée de chaque homme, “chacun est responsable de son salut”.
Ils traduisent la bible et font des poésies et chants.
Ils désirent la réconciliation de tous les chrétiens.
Ils sont combattus par les Autrichiens et sont obligés de s’expatrier.
Il en existe encore aux Etats Unis et en Tchécoslovaquie.
- Très important dans la mentalité de ce qui va suivre plus tard, puisqu'ils
vont influencer le courant de l'aufklarung "le penser par sois même", le siècle
des lumières, Jean Jacques Rousseau et l'éducation de" l'Emile" . Ce qui pour
nous est la base des projets pédagogiques tournés vers l'autonomie, le
développement de la personnalité.
Ce qui provoque un investissement important pour l’éducation, ils créent des
écoles secondaires et supérieures qui sont de qualité et où vont de nombreux
élèves. Leur succès a duré jusque la fin du XIX° siècle.
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Ses idées
principales
L'importance de la nature:
"Il y a entre la nature et l'esprit humain un parallélisme qui entraîne le
processus éducatif. Il s'agit de l'ordre des choses. Tout ce qui se trouve dans
la Nature se trouve déjà dans l'homme. Lire la nature est apprendre à se lire."
L'homme est d'essence divine, c'est à dire qu'il est créateur et de lui-même et
de la nature. Mais il est de la nature. …"On peut comparer l'esprit de l'homme
qui vient au monde à une graine, la forme de la plante n'existe pas en acte,
mais l'herbe ou l'arbre existe déjà en substance, il n'est donc nul besoin
d'apporter à l'homme des éléments extérieurs, il suffit de déployer les qualités
dont il contient le germe… "Petite représentation en miniature du "grand monde "
l'homme rassemble en lui-même tout le connaissable. "…Il est évident que
l'Homme, dès sa naissance est apte à acquérir toute la science des choses."
C'est ici que l'on confirme une fois de plus que théorie de la connaissance et
conception de l'homme sont indissociables. On dira actuellement que son
développement est "programmé".
Il veut comprendre le monde dans sa totalité et aussi l’expliquer, veut donner
un sens à la base humaine.
Il y a entre la nature et l'esprit humain un parallélisme qui entraîne le
processus éducatif. Il s'agit de l'ordre des choses. Tout ce qui se trouve dans
la Nature se trouve déjà dans l'homme. Lire la Nature est apprendre à se lire.
L'enfant est comme une graine il a tout en puissance. La nature attend le moment
favorable.
L'éducation doit respecter le processus du développement de l'enfant, comme pour
la nature elle attend le moment favorable. Il faut enseigner ce que l'enfant est
prêt à recevoir.
l'importance des sens :
Pour les Frères moraves "Les sens sont les guides premiers et perpétuels de la
connaissance" Ils donnent la connaissance la plus sure, plus sure que celle qui
passe par autrui, ils apportent des éléments surs. On amorce ici l'importance
des sensations propres propices au "penser par soi même."
La sensation permet de rétablir l'harmonie entre l'ordre des choses enseignées
et la spontanéité du sujet percevant.
Donc: ne pas séparer le manuel du mental, le savoir et le savoir-faire. Se
servir de l'expérience pour enseigner car c’est elle qui fait le lien entre la
maturation et les connaissances.
Comenius est donc le précurseur de l’idée génétique, c’est à dire l’éducation
graduée, proportionnelle aux capacités des élèves.
L'éducation pour tous
"Tous sont considérés comme capable d'éducation : Les filles comme les garçons,
les pauvres comme les riches, les intelligents et les esprits obtus…Imitons le
soleil qui illumine, réchauffe, vivifie, fait fleurir et fructifier
indistinctement tout ce qui vit. Qu'il y ait parmi nous des intelligences
obtuses et stupides n'est pas un obstacle ! cela nous oblige au contraire à
cultiver davantage tous les esprits. Car, plus un enfant est retardé ou chétif,
à sa naissance, plus il a besoin de soins pour pouvoir sortir autant que
possible de l'hébétude et de la stupidité. Il n'existe pas d'esprit si disgracié
que la culture ne le puisse améliorer progressivement. Si on lave souvent un
vase plein de trous, même s'il ne garde aucune goutte d'eau, il devient au moins
lisse et propre; ainsi, les esprits obtus et stupides, même s'ils ne progressent
pas dans les études, acquerront des manières plus douces."
L'éducation du petit enfant: "Les petits enfants sont élevés selon les principes
d'une vie saine et simple. L'éducation de l'enfant se caractérise par une
affection aimable et attentive, mais" dénuée de toute sentimentalité". Elle se
doit d'être exigeante et réfléchie, jamais cruelle."
L'éducation par la femme, que l'on retrouvera jusqu'à la fin du 19° siècle. Avec
J. Pestalozzi, et sa treizième lettre dans "comment Gertrude élève ses enfants",
avec Fr. Fröbel, P. Kergomard lorsqu'elle parle de "la mère intelligente et
dévouée".
Donc l'éducation doit respecter le processus du développement de l'enfant, comme
pour la nature elle attend le moment favorable. Il faut enseigner ce que
l'enfant est prêt à recevoir.
" L'intelligence des enfants est semblable à un petit vase au col étroit: si on
verse l'eau à flot, l'eau tombera à coté et le vase se remplira lentement; mieux
vaut verser l'eau goutte à goutte. C'est donc une sottise de ne pas tenir compte
de la capacité d'absorption des élèves et de les instruire selon son propre
désir, leurs qualités naturelle ont besoin d'être aidées, non écrasées.
L'éducateur de la jeunesse est comme le médecin, il n'est pas le maître, il
n'est que le serviteur de la nature.
La nature est aussi un modèle de développement, avec un rythme à respecter qui
n'est pas forcément linéaire, par stades et avec des régressions, "l'arbre
grandit par années avant de devenir centenaire".
Il est précurseur de l’idée génétique, c’est à dire l’éducation graduée,
proportionnelle aux capacités des élèves.
On va trouver l'importance de la nature dans les textes de pédagogie au moins
jusqu'au début du 20° siècle où la dimension scientifique et psychologique lui
donnera d'autres termes.
Des connaissances acquises par l'expérience, fonctionnellement, tendent
spontanément à s'organiser de telle sorte qu'il sera possible de les coordonner
selon des structures logiques et verbales, alors qu'un enseignement formel avant
la compréhension amène au verbalisme.
Le professeur devrait enseigner ce que l'élève peut saisir et non tout ce que
lui-même est capable d'enseigner. C'est la préface de
"L'Emile ou de
l'éducation" : “ Accommoder l'enseignement à l'intelligence de l'élève tel est
le coeur de l'éducation. ”J.J.Rousseau.
Aussi l'enfant doit:
- Procéder par étapes,
-Tout examiner par soi même, sans abdication devant l'autorité de l'adulte.
Celui ci faisant preuve d'humilité, que sait-il de ce que l'enfant doit
apprendre.
- Vivre en société.
"Il est vrai que tout ce que les enfants voient chez les autres, ils essaient de
l'imiter; il faut le leur permettre, sauf ce qui peut être dangereux pour eux ou
pour les meubles, comme les couteaux, les haches, le verre, etc.
Si possible, on donnera aux enfants des jouets qui leur soient adaptés, au lieu
d'outils réels: des couteaux en plomb, des épées en bois, des charrues, des
chariots, des herses, des meules, etc. ils peuvent jouer avec ceux-ci et se
former ainsi un corps sain, un esprit solide et des membres agiles. Ils
s'amusent à construire de petites maisons, des murs en boue, en copeaux, en bois
ou en pierre, et à montrer ainsi leurs talents d'architecte. En un mot, on
n'interdira rien; on donnera aux enfants tout ce qui peut les amuser, car
l'inactivité nuit plus à l'esprit et au corps qu'aucun jeu de leur invention.
Nous suivrons maintenant les progrès des enfants, année par année".
Nous voici en face des origines des méthodes actives : Jean Jacques Rousseau,
J. Pestalozzi, Fr. Fröbel, O. Decroly… vont reprendre ses idées
- On n'entreprend pas un enseignement sans avoir excité le goût de l'élève. C'est
ce que l'on appellera plus tard son
“intérêt.”
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Organisation de l’éducation
C'est ce qu'il va expliquer dans "La grande didactique" en 1642 ou 1657 ?
L'école est nationale, ainsi il y aura un tronc commun pour une identité
culturelle commune.
L’éducation doit être répartit en 4 degrés :
-1. Pour le tout petit :
Il faut prendre soin de sa mère dès avant la naissance de l’enfant. Ensuite les
soins que l’on lui donne sont importants. Il sera nourrit au sein. Il faut lui
apprendre des comptines, des poésies, des chants de nourrices. Il st souhaitable
de le laisser jouer
Il propose la création d’une école maternelle qui va de 1 à 6 ans. Elle est
constituée par le regroupement plusieurs familles.
Il y ébauche tous les apprentissages par le développement des sens. Il faut
donner à l’enfant la conscience du monde extérieur.
On l’initie au temps et à l’espace.
On l’introduit dans le monde des relations sociales
On lui présente le mystère de Dieu et de la création.
-2. Pour l’enfance:
Il y a une école élémentaire dans chaque village.
Il y a 6 classes et un livre par classe.
L’enseignement y sera général et fondamental.
On exerce la mémoire et l’imagination.
Toujours associer l’usage de la main à l’expérience et à la parole dans tous les
apprentissages scolaires.
C’est l'âge de raison, le maître peut compter sur la rationalité de l’enfant.
Dualité du sensible et de l’intellectuel.
On commence par observer la nature et on structure sa raison. Toute connaissance
est sensible, on observe différemment les objets importance de montrer, de faire
l’expérience et sa répétition pour reconnaître. Il s’agit de voir et trouver par
soi-même. La raison intervient : d'où ? Comment ? Pourquoi ? Ensuite on compare.
On va du tout à la partie. On nomme, défini le genre, les différences (on
retrouvera cette démarche en particulier chez O. Decroly)
Il faut donc créer des conditions de compréhension et de jugement.
Pour éveiller sa personnalité l’élève, cherche, trouve, apprend, répète
On aborde en premier les notions générales connues, faciles. Ensuite elles sont
plus compliquées, moins connues,.
On enseigne la langue nationale avant le latin que l’on apprendra plus tard.
3. Ensuite vient le gymnase
Il y en a un dans chaque ville. On y apprend la dialectique, la grammaire, la
rhétorique, les sciences, les arts. Histoire et géographie en lisant le journal,
en correspondant avec d’autres pays. (C. Freinet va le reprendre.)
Importance de l’émulation
L’école fonctionne deux heures le matin, deux heures l’après midi. Le reste du
temps est voué à des travaux manuels, des jeux, des activités sportives.
4. Pour les adultes c’est l’Académie et les voyages dans chaque province ou
états. On apprend la médecine et le droit. Pour ce qui est de l'éducation morale
elle est assortie à l’éducation intellectuelle. Il faut encourager et stimuler,
partir des actes, des faits, donner le bon exemple.
Il n’y a pas de châtiments corporels : “Les coups de bâtons n'ont jamais eu la
vertu d’inspirer l’amour des connaissances...la nature donne maints exemples de
prudence: le soleil réchauffe doucement les plantes, le musicien raccorde son
instrument. ”
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