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Institutions d'accueil

Bibliographie

Écoles maternelles

                                                                 

 

 

 Frapié L.; "La maternelle"; Albin Michel; Paris; 1908

 

 

Entre l'éducation et l'instruction, entre les soins et l'apprentissage de la vie moral ou sociale... L'école maternelle a essayé depuis toujours d'être le plus possible vouée à l'éducation de la petite enfance malgré  et avec les courants politiques, sociaux, scientifiques de son époque! Les textes de lois reflètent cette évolution.

 

Quelques date concernant la législation 

 

Les salles d’asiles deviennent Ecoles maternelles en 1881.

 On perçoit dans les textes, au moins pour les premières décennies, les souhaits que P. Kergomard exprime par ailleurs, dans ses différentes publications ou dans la revue de « L’ami de l’enfance. » La réalité est différente elle le dit dans ses rapports d’inspection ! Elle veut lutter contre la rigidité, la pauvreté de l’enseignement, introduire le jeu, alléger les programme beaucoup trop scolaires et qui ne sont pas à la portée de tout petits. La méthode des salles d’asiles et difficile à faire disparaître. Les programmes sont trop fournis. Ils n’apprennent ni à penser ni à développer l’esprit des enfants. Les textes reflètent les désirs de l'inspectrice de voir changer ce qui se passe dans les petites classe où le nombre des enfants ne permet pas de faire passer ses souhaits dans la réalité . Elle œuvre au maximum pour la formation des directrices mais on pourra constater qu’il faudra au  moins 30 ans pour que peu à peu la réalité des écoles maternelles changent sur le plan de la pédagogie.

  • Règlements du 2 août 1881 : Les enfants de moins de six ans sont accueillis dans des " établissements d'éducation où ils reçoivent les soins que réclament leur développement physique, intellectuel et moral." Les enfants sont répartis en deux sections " suivant leur âge et le développement de leur intelligence: la section des 2-5 ans et la section des 5-7 ans. » A cette époque P. Kergomard voit d'abord dans la maternelle : " Un gîte dans la grande et noble acceptation du mot, un gîte où l'enfant de la classe laborieuse et de la classe indigente est à l'abri des accidents, à l'abri des mauvais exemples ". Dans les textes relatifs aux écoles maternelles l'éducation religieuse en tant que telle disparaît : seule subsiste " l'éducation morale " donnée par des entretiens familiers, des récits, des chants destinés à inspirer aux enfants le sentiment de leurs devoirs envers la famille, la patrie et Dieu ". Suit alors un programme qui va s’avéré trop chargé et qui sera remis en cause quelques années plus tard. Peut-être s’agissait-il de donner des moyens aux directrices qui ne savaient que faire avec les enfants !A l’exception de l'apprentissage de l'hygiène, l'éducation préscolaire républicaine ne se définit plus comme une rééducation systématique des familles populaires comme cela fut fait pour les salles d’asile.

 

  • L’arrêté du 28 juillet 1882 : " L'école maternelle telle que nous la concevons aujourd'hui ne ressemble plus à la salle d'asile d'autrefois, à cette sorte de refuge où l'on se contentait de garder les enfants, c'est une véritable maison d'éducation. " " Les exercices de langage, avec mémorisation des fables et le calcul mental sont recommandés dans les deux sections; les plus petits s'exercent ainsi à compter jusqu'à dix, et les plus grands à pratiquer les quatre opérations sur les nombres de deux chiffres. L'apprentissage de la lecture, de l'écriture, les récits d'histoire nationale sont réservés à la grande section. Un programme mensuel détaillé organise autour du même sujet la leçon de choses, le dessin, les jeux, les chants et la leçon de morale: avant la méthode de Decroly, c'est l'ébauche de la méthode des centres d'intérêt. On y demande un programme sans fatigue pour les enfants où chacun sera respecté selon son rythme » .Ce n’est pas tout de les faire parvenir à tel ou tel degré de savoir…c’est qu’ils sachent bien le peu qu’ils sauront ». La nouvelle école veut garder "la douceur affectueuse et indulgente de la famille ", et la maîtresse doit "imiter le plus possible les procédés d'éducation d'une mère intelligente et dévouée ". Un programme d’exercices sensoriel est proposé.Ce terme déjà employé par P. Kergomard montre une recherche d’identification pour cette maîtresse qui n’en n’est pas une et qui est malgré tout chargée de l’éveil de l’esprit des enfants. On retrouve ici le désir de P.Kergomard de trouver un statu aux directrices des écoles maternelles.

 

  • En 1887: Une réforme s'esquisse sous l'impulsion de P. Kergomard: le décret définit les maternelles comme des établissements de " première " éducation, Au premier rang des activités, figurent les exercices physiques, au dernier, les exercices intellectuels, entre les deux : l'éducation morale. L'instruction prévoit des tables collectives et des chaises individuelles ou des tables scolaires à deux places. Cela change bien des gradins des salles d'asiles qui pour la plupart des maternelles sont encore utilisés. Les nouvelles ambitions de l'enseignement préscolaire et la pensée psychopédagogique naissant ont transformé les maîtresses des tout petits en de véritables institutrices. L'instruction et la formation pédagogique acquises en trois années d'études sont reconnues comme l'indispensable complément de l'instinct maternel. Si le nouveau programme st fait pour alléger le précédent, dans la réalité c'est très difficile de changer.

 

  • En 1889: Une commission de surmenage demande qu'il n'y ait pas plus de deux exercices intellectuels de suite et qu'ils soient séparés par une autre activité comme une évolution.

 

  • Circulaire du 22 février 1905: L'école maternelle est peu à peu dévoyée à ses fins et débordée par l'enseignement primaire : "On oublie qu'elle à son objet propre, qu'elle ne doit être ni une garderie, ni une école élémentaire ". Les programmes sont trop chargés, les classes aussi ! On insiste sur la place du jeu  et la nécessité de séparer les petits de 3 ans des grands de 5-6 ans. On y remet en cause l’inspection faite par les inspecteurs primaire hommes, surtout, qui ne connaissant pas les petits enfants. Il font passer l’enseignement avant les soins les plus élémentaires auxquels ont droit les enfants, soins d’hygiène, soins de nutrition, ordre…Attention à l’effort intellectuel prématuré. Les municipalités responsables des écoles sont vertement remises en place.

 

  • Instructions du 16 mars 1908 : Le ministère demande un mobilier proportionné à la taille des enfants, Le corps du petit enfant n'est plus perçu comme un objet passif: on cherche à l'éduquer. La dictée disparaît de la grande section et le calcul mental de la petite: le jeu est à l'honneur. On réinsiste sur l’importance sociale et sanitaire de l’école maternelle, faisant encore une fois passer à l’arrière l’enseignement toujours jugé trop important. C’est la bonne santé qui compte, un bon développement sensoriel ! l'écoles sera "un abri destiné à sauf garder l'enfant des dangers de la rue.

 

  • En 1910: L'apprentissage de la propreté par l'écolier doit contribuer "par contre coup à l'éducation des parents eux-mêmes ". Plus tard la guerre renforce la fonction hospitalière et sanitaire de la maternelle.

 

  • Décret du 15 juillet 1921 : Les textes ne présentent plus l'hygiène et la santé comme les objectifs prioritaires, La première éducation est la seule mission officielle qui soit mentionnée . A nouveau le souci de l'éducation doit primer sur celui de l'instruction. Création d'un cadre spécial d'institutrices vouées aux enfants d'âge préscolaire .Elles doivent  avoir le brevet supérieur avec option "pédagogie de l'école maternelle, puériculture, hygiène. Les progrès de la psychologie modifient la perception de l'enfant. Les recherches en cours commencent à démontrer l'impossibilité de réduire l'enfant à un adulte miniature et l'inexistence d'un "enfant standard"

 

  • Loi du 11 juillet 1975: L'éducation de la petite enfance est devenue le moyen de "prévenir les difficultés scolaires...Dépister les handicaps...Compenser les inégalités ". Le traitement des handicaps est devenu un des thèmes privilégiés des textes officiels comme l'était l'hygiène enfantine au début du siècle. C'est l'époque de la fameuse loi d'orientation pour les handicapés.

  • Décret du 28 décembre 1976: La maternelle doit contribuer au" développement de la personnalité de l'enfant sous toute ses formes, corporelles, intellectuelle, affectives  et "entraîner l'enfant à l'usage de ses différents moyens d'expression et le préparer à l'enseignement primaire ".

    • Circulaire du 2 août 1977 : Un texte est consacré au contenu et aux méthodes de l'enseignement préscolaire. On y trouve des références à la neurophysiologie, à la biologie et à l'embryologie. La psychologie génétique joue un rôle essentiel. L'école maternelle propose une "pédagogie du développement en vue d'une éducation globale de la personnalité."La première éducation doit recourir à une pédagogie active, elle doit obéir au dynamisme des stades de maturation, ne pas exiger de l'enfant des performances que celle-ci n'autoriserait pas . Les années entre deux et six ans sont désormais perçues comme un stade caractéristique de la maturation physique, intellectuelle et psychique de l'individu . La nouvelle définition de l'enseignement préélémentaire réhabilite l'homme comme éducateur potentiel de la petit e enfance: il lui suffit d'acquérir les connaissances prescrite.
     
    • 1986 : les travaux scientifiques ont mis en évidence les effets bénéfiques d’une action éducative précoce. L’école maternelle propose aux enfants une vie sociale stable. Elle fourni aux enfants les moyens de vivre pleinement leur âge. Comme le disait P. Kergomard quelques décennies antérieures : laisser à l’enfant la possibilité de faire son « métier d ‘enfant ». Développer ses facultés pour recevoir les enseignements de l’enseignement primaire…aussi, lui permettre de développer ses facultés et former sa personnalité. L’éducation morale s’est transformée : l’enfant doit apprendre que la maternelle est faite pour apprendre, qu’elle a ses exigences, quelle réserve des satisfactions et des joies propres. On va parler beaucoup de l’égalisation de chances par l’école maternelle. Cette dernière aura la lourde tâche de préparer tous les enfants à arriver à l’école primaire avec les mêmes possibilités. Elle aura donc un rôle compensatoire.

     

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