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Edouard Seguin

                                                                      

Biographie
Ses idées pédagogiques

                     
                     

Bibliographie


-  Pélicier Y. Thuillier G. ; “ Un pionnier de la psychiatrie de l’enfant : Edouard Seguin (1812-1880) ” ; Comité d’histoire de la sécurité sociale ; Paris ; 1996

-  Pélicier Y. Thuillier G. ; "Edouard Seguin, l'instituteur des idiots, traitement moral, hygiène et éducation des idiots 1846"
- SEGUIN E. "L'Éducation physiologique"; .Paris, Flammarion, 1931

 

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Biographie


Naît en Bourgogne en 1812.
Son père médecin est compagnon d'Itard.
Il va s'occuper des handicapés mentaux. En 1837 il aborde les notes d'Itard, mais il va aller plus loin que lui.
Esquirol ayant dit que les idiots sont incurables il veut démonter le contraire.
En 1839 il rééduque un enfant, publie son expérience qui sera signée par Esquirol et il est appelé à appliquer sa méthode à l'hospice “des incurables”.
Seguin sera influencé par certains courants d’idées:
On fait à cette époque des recherches sur la pathologie infantile, Cabanis a publié sur l'influence des impressions internes sur le moral.
Destutt de Traçy reconnaît l'importance de l'activité volontaire dans le développement. Il va plus loin que Condillac et reconnaît 4 modes de pensée : la sensibilité, la mémoire, le jugement et la volonté.
Il écrit pour vivre, fait de la critique d’art et publie des articles sur des sujets politiques et d’économie. Le pluralisme des activités était courant à cette époque. Il a pour référents: Descartes, Cabanis, Maine de Biran, V. Cousin. Il va s’inspirer de l’Abbé de l’Epée, de Sicard, J. Itard, J. Pestalozzi, F. Fröbel. Saint Simon homme et penseur politique d’inspiration socialiste va l’influencer.
En 1840 est chargé de l'instruction des enfants idiots à Bicêtre où il travaille avec le Dr Félix Voisin, mais il est obligé de partir. Il n’est pas médecin et n’est pas admis à rester. Il fonde à Paris, à Pigalle le premier établissement destiné aux enfants arriérés.
Voici ce qu’il écrit : “ l’enfant idiot est infirme dans le mouvement, la sensibilité, la perception et le raisonnement, l’affection et la volonté, c’est par l’éducation que l’on doit réparer.”…“Plusieurs phénomènes sont mieux appréciés par notre sensibilité, d’autres par notre jugement. En ce qui concerne l’enfant, sa capacité à recevoir les impressions sympathiques est antérieure à sa capacité à former des jugements rationnels, et si on l’exerce à raisonner ses impressions avant de les avoir bien pu ressentir, son appareil émotionnel se trouvera fort émoussé.”
En 1846 écrit: “Traitement moral et hygiène et éducation des idiots”
Il a des problèmes financiers. En 1850 part aux Etats Unis où il fonde une institution pour "anormaux".
Après son départ les idiots sont à nouveau enfermés et abandonnés jusqu’à ce que le docteur Bourneville arrive.
Il en 1880 meurt à New York


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Ses idées pédagogiques


Il va être déjà très critique vis à vis de l’enseignement ordinaire:

 

”La société pas plus que la médecine, ne sauraient se contenter plus longtemps des pratiques mnémotechniques qui en dehors et sous le couvert de l’université négligent l’éducation des fonctions,

l’éducation des facultés,

l’éducation des aptitudes,

l’éducation du sens moral et artistique

et réduisent au sevrage constitutionnel le plus complet en frappant d'incapacité radicale toutes les facultés spontanées et applicables de la jeunesse vivace.”


Il va d’ailleurs écrire sur la nécessité des jardins d’enfants.
Contrairement à ses prédécesseurs, en particulier J. Itard qui provoque l’enfant de l’extérieur, il pense que l'homme est complexe et que c'est "l'homme intérieur"qui régit les faits psychologiques en lien avec les conduites physiologiques. Il se réfère à Cabanis qui pense que les impressions ont leurs origines dans les organes internes d'où viendraient les instincts de la première enfance. Plus tard le cerveau joue un rôle de coordination.
Donc l'éducation se fait du dedans. Il va ainsi s'appuyer sur l'élan interne, l'initiative, l'activité, c'est à dire les fonctions cérébrales, musculaires, sensorielles, les organes de la pensée, du mouvement, des sensations.
Il va prendre en considération le sexe, le tempérament, l'hérédité, les antécédents, les agents atmosphériques...avant de fixer un traitement. Il va aussi respecter les facteurs affectifs, la spontanéité. Il va permettre à l’enfant d’être en activité, initiative de l'esprit qui fonctionne et agit sur son milieu.
Donc Seguin est aussi à la base de ce qu'on appellera les “ Méthodes actives ”.
Sa méthode va être positive, c’est à dire partir de ce qu’il y a chez l’enfant et prendre en considération ses anomalies tout en s’appuyant sur le possible.
Seguin compare les idiots à des hommes primitifs qui ont à refaire l’histoire de l'humanité. On va le penser pour les enfants normaux aussi, ce sera repris par Claparède quand il va parler du jeu.
Ses objectifs sont d’aider les enfants à maîtriser leurs impulsions, à développer leurs fonctions sensori-motrices afin qu’elles acquièrent de la précision et à déclencher l’intelligence et la volonté.
Il y a quatre sortes de volontés : celles qui domine ses instincts, celle dont on se sert pour s’opposer, pour faire une démarche intellectuelle et pour se construire un sens moral. Pour lui le jeune handicapé est privé des deux dernières.
Dans le processus éducatif dans un premier temps le maître veut pour l’élève ensuite l’élève veut seul.
Les moyens qu’il propose sont:
-De bonnes conditions matérielles sur le plan de l’hygiène, de la nourriture, de l’habillement avec un régime adapté à chacun.
-pour l’action éducative son programme est basé sur trois données:
Comme il trouve que les idiots sont trop immobiles il fait de L'éducation du système musculaire. Pour cela il se réfère à ceux qui l’ont inventée c’est à dire les romains et les grecs. Il croit à l’importance du geste global. Il fait donc faire de la gymnastique.
Par contre pour les instables il impose l’immobilité.
Il apprend à passer d’une action désordonnée à une action voulue.
Commence par le global et ensuite l’analytique. O. Decroly reprendra cette démarche plus tard.
-L’imitation qui construit la conscience du moi et du non moi. Il fait faire des exercices de connaissance de son corps. De plus la motivation est très importante dans cette imitation.
Il va travailler aussi les sens mais avec une tournure d’esprit différente de celle d’Itard. Pour lui le premier sens est le toucher, il apprend la température, la consistance, le volume, la dimension.
Le second: le regard et la vue. Il apprend les couleurs et les formes (va inventer une série de barres dont Montessori se resservira), les formes géométriques. Il prépare des images qui vont vers des lignes et des formes géométriques. Il travaille sur l’agencement des formes.
Apprend la lecture et l’écriture.
L'ouïe est un sens intellectuel, les idiots étant plus sensibles à l’instrument qu’à la voix. Probablement parce que la voix leur rappelle qu’ils sont incapables de comprendre une idée. Importance de leur faire travailler le timbre. On fait ainsi des exercices qui consistent à discerner plusieurs notes, les différentes intonations de la voix.
Ensuite viennent les saveurs et les odeurs. Pour ces dernières on met en place une échelle et un classement.
Tout ce travail sera repris par Montessori.
Mais ce qui le diffère d’Itard dans sa démarche sensorielle c’est que les idées ne viennent pas des sens seulement, ce n'est pas l'accumulation qui donne l'intelligence et la pensée, c'est son agencement. Ce sont les combinaisons, sinon c'est du conditionnement.
On doit apprendre à l'enfant à créer des rapports.
Les structures sont importantes, donc l'encastrement démontre quand on détache une notion on peut la mettre en rapport
Une notion est une propriété, mais l'idée ce sont les corrélations entre les différentes notions.
Il faut donc donner l'occasion de faire des rapports, des liens qui amènent à d'autres notions. Les jeux de construction se prêtent bien aux combinaisons. Donc création de structures qui s'emboîtent les unes dans les autres. Il fabrique des tableaux à double entrée que l'enfant va découvrir, il y a ainsi une idée, une structure, un rapport. On apprend une idée par l'activité. Piaget reprendra plus tard ces concepts. C'est donc par l'expérience que l'enfant développe son intelligence
Il s’agit là de l’éducation par l’expérience et il va importer l’importance du jeu.
Il a une démarche structuraliste, il s'agit de construire la pensée, on va du simple au complexe, on procède par analogies, déductions, comparaison. On assemble pour combiner autre chose.
Donc intérêt des blocs logiques où il y a quatre notions: forme, couleur, épaisseur et où on établit des rapports après avoir détaché des notions.
Donc apprentissage par les manipulations ludiques pour l'apprentissage, par exemple de la lecture et de l'écriture, en effet pour faire "ra" on écrit: r+a ou bien o+i=oi et cela donne un autre son. C'est l'importance de la mise en rapport
Mais tout ceci ne peut s’apprendre que si l’enfant est en profonde sympathie avec son entourage. C’est ici que l’on retrouve la notion d’intérêt.
Il s’agit donc de proposer à l’enfants diverses activités, par exemple, soigner des plantes et des animaux. On y apprend des gestes et leurs significations.
Pour les relations sociales, il croit au travail collectif.
Seguin n’est pas le plus connu des pédagogues et c’est dommage, il a fait un lien très intéressant entre différentes pensées éducatives pour les mettre au service des enfants handicapés.

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     L'éducation des enfants handicapés

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Éducation spéciale avant le 19e siècle

M. Montessori

Éveil sensoriel