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Janusz Korczak (Henryk Goldszmit)
Bibliographie
- Berger L; Korczak, un homme, un symbole;
Magnard; pédagogie Magnard;
1989
- Buhler A.;”L’adieu aux enfants”; ed. Olivier Orban; Paris; 1978
- Houssaye J.;Janusz Korczak," l'amour des droits de l'enfant"; Hachette;
éducation -portraits d'éducateurs -para universitaire .
- Ladsous J.; "Korczak"; P.U.F. coll. "Pédagogues et pédagogie"; Paris ; 1995
- Lifton B. J.; "J. Korczak, le roi des enfants"; Presse pocket; Paris; 1991
- Korczak J. ; "Le droit de l'enfant au respect ?"; Robert Laffont; Paris; 1998
- Korczak J. ; le
roi Mathias 1er, ; Gallimard jeunesse
- Korczak J. ; journal du ghetto; Robert Laffont -nouvelles
- Korczak J. ; comment aimer un enfant / le droit de l'enfant au respect;
Robert Laffont -psychologie - psychanalyse
-Korczak J. ;"le roi Mathias 1er " Gallimard
Sites
http://korczak.com/Biography/kap-0.htm
site en anglais avec de nombreuses citations
de Korczak
http://korczak.fr/
site de l'association française de Janusz
Korczak qui édite aussi un bulletin de liaison, on peut y lire "Le roi Mathias
1°", en ligne, les actualités de l'association...
tel: 01 44 24 90 00
Biographie
J. Korczak est né le 22 juillet 1878 à Varsovie.
Son père est avocat. Il est atteint de maladie mentale.
Déjà jeune, il aide un enfant qui a besoin d’un soutient scolaire. Il écrit des
nouvelles.
En 1890 des problèmes financiers apparaissent dans la famille. Son père entre à
l'hôpital psychiatrique. en 1892 il travaille tout en continuant ses études.
C'est ainsi qu'à 15 ans fait vivre sa mère et sa soeur.
En 1893 il écrit des poèmes et son premier roman. Il participe à des concours
littéraires à 20 ans et obtient un prix. Devient rédacteur d’un journal. Crée
une bibliothèque gratuite.
Suite à la folie de son père il décide de devenir psychiatre. En 1902 Korczak
commence à se spécialiser en pédiatrie, ensuite il fait de la psychologie.
En 1884 la Pologne est envahie par les Russes. En 1905 il est enrôlé dans
l'armée impériale du tzar pour servir dans la guerre russo-japonaise. C'est
ainsi qu'il va en Chine. Il s'occupe des soldats russes blessés, leur raconte
des contes russes pour leur remonter le moral.
Il revient en 1906.
Travaille dans un hôpital pour enfants, il y permet que l'on apporte des jouets,
malgré les réticences de ses collègues, à cause de microbes. Il désire que
"chaque enfant ait un oreiller de chocolat et de crème battue" pour se consoler
de l'absence de sa mère, mais il n'est pas apprécié par les autres médecins
qu'il remet en cause.
Sa fonction de pédiatre l'amène à demander le droit de l'enfant à la mort."Il se
peut que l'enfant ai une autre destinée que celle d'être l'enfant de sa mère,
chaque grain de blé ne produit pas un épi, chaque poussin n'est pas né pour
vivre".
En 1908 organise une colonie où il y a des enfants juifs et catholiques.
Va à Paris et à Lausanne, il suit des cours dans ces deux ville et rencontre des
personnes qui vont lui apporter des éléments pour construire un orphelinat.
En 1911 il l'ouvre enfin après avoir fait une souscription auprès de personnes
riches. On lui donne un terrain. Il y travaille avec une jeune femme: Stéphania
dite Stépha. Elle travaillera toute sa vie avec Korczak et mourra avec lui .
Il décide de ne pas se marier de peur que la maladie de son père soit
héréditaire.
Il continue d'écrire même pendant la guerre de 1914 qu'il va faire pendant 3 ans
en Ukraine sous l'uniforme russe.
Publie: “Seul avec Dieu”.
Il va rencontrer Marina Falska directrice d'un orphelinat chrétien. Il va rester
en contact avec elle toute sa vie.
Reprend son orphelinat qui va accueillir 200 enfants en 1919 pendant 3 ans. Mais
il a des difficultés avec ses anciens élèves qui le remettent en cause.
Ecrit d’autres publications sur les enfants, fait des reportages.
Publie : “Comment aimer un enfant” en 1919; "Le roi Mathias1°" en 1922, "Le roi
M sur une île déserte" en 1923; "Quand je redeviendrai petit" en 1925.
En 1926: édite “La petite revue”.
Devient professeur de pédagogie spécialisée
Il va passer quelque temps dans un J.E. montessorien, où il prend des notes et
découvre l'autre grande pédagogue. Il fait un voyage en Israël, mais il décide
de ne plus y retourner même si cela l'intéresse.
"Publie "Le droit de l'enfant au respect" en 1928
En 1929 il écrit des pièces de théâtre: "Le sénat des fous", "Quelle voie
prendre", sur la folie. "Les règles de la vie."
Ecrit un livre pour enfant:" Jojo le sorcier". En 1934: “Les hommes sont bons”.
Il a beaucoup de succès, correspond avec des gens de tous les pays d'Europe et
se fait estimer.
Est nommé au tribunal pour enfants à Varsovie.
En 1934 décide de partir en Palestine, il va même envisager y repartir, mais à
son retour en Pologne l'ambiance a tourné contre les juifs.
En 1937 il est décoré par l'académie de littérature pour l'ensemble de son
oeuvre.
Fait des émissions à la radio intitulées"le quart d'heure du vieux docteur" où
il donne des conseils aux parents.
1939: donne des cours à l’hôpital
La guerre est déclarée, il désire qu'on le mobilise, mais on le refuse à cause
de son age. La survie commence dans son orphelinat.
En 1942 il est déporté avec les enfants à Treblinka qu'il refuse d'abandonner
alors qu'on lui a proposé la possibilité de se cacher.
Durant la guerre alors que les bombardements ont tout calciné et cassé il dit:
"après
cette guerre personne n'osera plus frapper un enfant pour avoir cassé une vitre.
Les adultes passeront devant les enfants en courbant la tête."
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Idées Principales:
Organisation de son orphelinat:
Dans son orphelinat il veut faire une grande famille, une république avec la
formation des citoyens. La vie du groupe y est importante.
C'est pourquoi les enfants participent aux tâches car ils doivent apprendre
qu’il n’y a pas de travaux indignes. Elles sont divisées et distribuées par
unités.
Il y a des réunions générales présidées par un enfant.
Il y a un système de récompenses avec des cartes calligraphiées pour marquer
quand l’enfant fait le bien. Par ailleurs il y a un code très détaillé avec des
punitions en fonction de tel ou tel délit jusqu’à être privé de droit civique.
Il apprend ainsi à subir les conséquences de ses actes.
Il y a un accueil pour les nouveaux arrivants, il s’appellent “les encombrants”
et peu à peu deviennent les “habitants”. Il y a une prise en charge des nouveaux
venus.
Le pari y est important car il stimule le dépassement de soi même.
Korczak fonde un conseil d’autogestion par commission de fonction.
Il laisse les enfants se battre , mais surtout leur propose d'attendre plus tard
pour terminer leur lutte, il arrive souvent que lors de la reprise les enfants
n'ont plus envie...
C'est là qu'il organise les tribunaux pour enfants.
Il désire que les enfants acquièrent le respect des autres, le "fair play" et
développent le sens de la responsabilité. Il crée aussi un journal et un
parlement.
Voici les avantages que Korczak voyait dans le journal :
- accomplissement d'un devoir non imposé mais librement choisi.
- la planification du travail.
- la défense des convictions de chaque auteur devant la classe.
- la prise de confiance en soi des timides
- et surtout le rapprochement de tous les enfants du groupe autour d'un projet
commun.
Le journal scolaire de Korczak aura une histoire: il ne sortait qu'en un
exemplaire unique qui était recopié à la main par un élève. Il était écrit pour
les enfants et par les enfants. Malheureusement il va être "récupéré" par les
plus grands, ce qui n'est pas un mal; mais les plus petits ne peuvent plus
parler de leurs histoires personnelles. Alors, de son coté Korczak partagera
avec eux ses propres écrits!.
Il préfère dans son orphelinat être aidé par des travailleurs, des artisans ou
des ouvriers, pour s'occuper des enfants plutôt que des pédagogues, qui d'après
lui n'ont pas de respect pour les autres personnels de l'établissement.
Il va donc envoyer les enfants à l'école à l'extérieur mais faire des ateliers
dans son institution.
Pour ce qui est des éducateurs il leur demande de savoir prendre des notes dans
les détails sur le comportement des enfants pour ensuite les rattacher à une
idée plus large. Les éducateurs tiennent un dossier quotidien d'observations,
qu'il corrige, ainsi que Stépha. "On ne doit seulement chercher des solutions
dans des manuels de psychologie, mais dans des ouvrages de médecine, de
sociologie, d'ethnologie, de poésie, de criminologie, et dans des manuels de
dressage d'animaux". Lui même va observer et faire des découvertes sur entre
autre la "conscience grammaticale" particulière qu'ont les enfants. Il s'en
aperçoit en particulier lorsqu'il essaie d'apprendre à lire à un jeune ukrainien
qu'il va rencontrer pendant la guerre.
Korczak est très proche des enfants et se sert de son coeur et son imagination
pour les comprendre.
"Vous
vous trompez si vous pensez qu'il nous faut nous abaisser pour communiquer avec
les enfants. Au contraire nous devons jusqu'à leurs sentiments, nous étirer et
nous tenir sur la pointe des pieds."
dira
t-il.
Il ne veut pas de méthode, pour lui l'intuition est importante.
Il a quelques
principes comme: il faut dire la vérité aux enfants, avoir du bon sens, leur
donner des explications. Il croit en l’auto éducation et en l’auto discipline.
Mais par ailleurs l’enfant doit pouvoir compter sur l’adulte et ce dernier doit
se met à sa portée, cherche à le connaître, non pas comme un scientifique mais
comme quelqu'un qui aime. Il aime à faire raconter aux éducateurs leurs propres
souvenirs d'enfance afin qu'ils se sentent proches des enfants.
Il pense que l’enfant doit avoir le temps de rêver. Pour lui les contes de fées
sont importants car, comme dans la vie, il y a des obstacles à surmonter. Il en
raconte souvent aux enfants le soir.
Il donne de l'importance à ce que les enfants peuvent collectionner.
Très indépendant d'esprit comme beaucoup d'autres pédagogues il n'est pas au
service d'une idéologie, sauf au service de l'éducation de l'enfant et surtout;
ce qui le caractérise, de la compréhension de celui-ci.
"Faire la révolution c'est avant tout libérer les enfants" dit-il, c'est à dire
changer l'éducation.
"Il est stupide de vouloir édifier une société meilleure si on ne commence pas
par les enfants, en faisant de lui un homme bon, intelligent et juste." dira
t-il.
"Apprends à te connaître avant de prétendre connaître les enfants. Mesure les
limites de tes capacités avant que fixer celles des droits et devoirs de
l'enfant. Parmi tous ceux que tu pourrais avoir à comprendre, élever, instruire,
tu viens en premier."
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Les
droits de l'enfant
site: www.aidh.org%2Fkorczak%2FHist_vraies%2F39_Souv.htm:

Jacques
Dodiuk. Né en Pologne en 1920, il a vécu six ans à l’orphelinat J. Korczak. Venu
en France avant la guerre, il a pu échapper au terrible destin des enfants de
l’orphelinat...
Avez-vous eu des nouvelles de Korczak
après votre départ ?
”Avant de partir pour Paris, je suis allé lui
dire au revoir. Il n’était pas là, mais madame Stéfa m’a souhaité bonne chance
et m’a dit : ”toi tu m’as appris beaucoup de choses.” Ca ma frappé. J’étais un
garçon turbulent, je passai souvent au tribunal, je ne faisais pas partie de la
crème : je m’imaginais pas apprendre quoi que ce soit à quelqu’un ! Dès mon
arrivée en France, j’ai envoyé une carte postale avec la tour Eiffel à Korczak
et Stéfa. Mais ce n’est qu’en 1946 que j’ai appris la fin, par un livre. Lors de
mon premier voyage en Pologne, quarante ans après, j’ai revu la maison. Varsovie
avait été détruite à 95% et cet orphelinat, comme par miracle, était toujours
debout.
Devenus grands, certains ont reproché à
Korczak de les avoir élevé dans l’ignorance des réalités. Qu’en pensez-vous ?
A cette époque, les enfants de religion catholique et ceux de
la religion juive allaient dans deux écoles différentes. Nous étions juifs mais
nous nous sentions profondément polonais: pour nous, il n’y avait aucun
problème. Nous allions en classe dans une école de la ville, mais sur le chemin,
le dimanche*, des bandes de voyous nous
jetaient des pierres. Même si ces enfants-là étaient méchants, nous étions
persuadés que tous les adultes nous voulaient du bien... cela a été pour nous un
handicap, bien sûr. J’ai eu quelques désillusions par la suite.
A
la fin de la guerre, j’étais soldat et on nous a envoyés en Allemagne pour
délivrer des prisonniers. Il y avait là des Polonais. Je leur ai dit : ”Vous
avez dû beaucoup souffrir, les Allemands ont tué beaucoup de Polonais ?”. Le
premier qui m’a répondu a dit : ”Hitler est un salaud, mais il y a une chose
bien qu’il a faite: il nous débarrassé des juifs !”.
Il y avait beaucoup de racisme à cette époque-là. Korczak,
lui, respectait tout le monde et toutes les religions.
* Le jour de congé des
enfants juifs était le samedi et celui des enfants catholiques le dimanche.
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