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Jardins d'enfants
Différentes créations
Dates principales
Les premiers J.E. au début du XXième siècle.
Les premières réalisations où sont intervenues les éducatrices de jeunes enfants sont porteuses de l'avenir. Non seulement elles en ont construit les fondations, mais elles on donné une empreinte définitive aux caractéristiques de la professions. C'est pourquoi nous insisterons sur les débuts. Les raisons sociales sont venues du désir d'aider les familles dont les mères travaillaient, tout comme pour les écoles maternelles et auparavant les salles d'asiles, mais depuis les organisations s'étaient multipliées. C’est ainsi que parallèlement aux écoles maternelles, des J.E. vont être ouverts dans le secteur social et privé par des Associations laïques et religieuses et aussi par des personnes privées. A leur suite quelques centres de formation se créent pour les éducatrices. Nous allons présenter quelques créations qui se juxtaposent avec un certain renouveau d’intérêt pour la méthode Fröbel par les pédagogues des écoles maternelles.
· La première se situe à "L'Union familiale", rue de Charonne, Paris.
Les objectifs de l'époque sont : aider les familles par les oeuvres catholiques. En 1902 création par Melle Gahéry "pour répondre aux nombreuses demandes des parents du quartier" d'une garde d'enfants de 3 à 6 ans, tous les jours à raison de 10 centimes par jour. Mais il y a peu de moyens (les locaux sont dans une arrière boutique.) En 1905 trois jeunes personnes venues d'Allemagne expliquent la méthode. “Il est nécessaire de l'adapter à la tournure d'esprit des petits français”. En effet, l'après guerre de 1870 ne prédispose pas à être accueillant pour une méthode venue d'outre Rhin, Mlle Gahéry doit prendre des précautions pour présenter la méthode. On demande à une jeune fille belge munie du diplôme Fröbel de venir s'occuper des enfants. A cette même époque: création d'une école de J.E.
Les études sont basées sur: L'observation de l'enfant, du travail personnel de recherche, le développement du jugement, la culture personnelle, l’élargissement des connaissances, l’apprentissage de réflexion personnelle "pour ouvrir les intelligences enfantines". Aucun livre est conseillé, la connaissance de l'enfant est essentiellement basée sur l'observation que l'élève note dans un cahier avec des remarques sur ce qu'elle voit et sur elle-même. Ceci avec les petits et les grands. Le programme est: Etude des facultés de l'enfant, méthode et organisation de J.E., sciences naturelles, jardinage, dessin, occupations manuelles, solfège, chant, rondes, hygiène. Extension de la méthode aux enfants plus âgés. Les études durent 9 mois et aboutissent au "Brevet des Jardins d'enfants". En 1905, création du "Cours des petites mères" pour les grandes sœurs. Les garçons sont aussi conviés, ils font des travaux manuels. En 1907 : Ouverture d'une Ecole de Formation sociale, extension de l'école de formation d'éducatrice et de sa méthode sur un autre terrain d'action. Un premier cours existe: éducation de la première enfance, ensuite enseignement ménager populaire pendant 1 an et une troisième année stage long au choix. En 1908 : extension de la méthode aux enfants et aux parents de classe aisée; création du Cours Montalembert . Création d'un "Cercle d'étude pour les mères de famille", ouvert ensuite aux pères aux grand’ mères, aux frères et soeurs. On y fait des rencontres avec les maîtresses du J.E. et les élèves de l'école de Formation Sociale. Création d'une "Mutualité du J.E." Les enfants se rencontrent entre le 2 J.E. de Charonne et Saint Honoré. On s'offre des cadeaux. En 1913: du 29 juillet au 13 août ouverture de cours d'initiation aux méthodes d'éducation de l'Union Familial. On y enseigne la méthode Fröbel, on y fait une présentation de différents types de leçon, l'extension aux enfants d'âge scolaire, des commentaires philosophiques, on étudie comment faire un budget domestique et la diététique. On peut voir déjà que la création s'est environnée de bien d'autres et que l'on ne peut dissocier l'enfant de son environnement et d'une collaboration avec lui. A cette époque les écoles sociales sont très différentes de ce qui se fait actuellement, c'était plutôt des sections.
· "Les Oeuvres du Moulin Vert", rue du Moulin vert, Paris XIVe.
En 1905, Fondé par Mlle Brandt diplômée de l'école Fröbel de Berlin. Mlle Brandt ira aussi à Strasbourg dans une école sociale. L'Abbé Violet ouvre avec elle un J.E. oû pendant 2 ans elle emploiera la méthode Fröbel. Ce sera un modèle pour le collège Sévigné et l'école de Versailles En 1910: en Haute Marne à Thivet Mlle Brandt ouvre une autre école. Elle y approfondira sa méthode. C'est là comme à Paris que F. Klein va s'inspirer de ses observations pour écrire ses deux tomes de "Mon filleul au Jardin d'enfants" qui aura un grand succès et sera réédité de nombreuses fois aidant ainsi à la connaissance et la divulgation de la méthode des jardins d'enfants. La première édition sera en 1912. · Au Collège Sévigné Le Collège Sévigné a été créé en 1880 pour l'éducation et l'instruction des jeunes filles. Camille Sée faisant passer une loi sur la nécessité d'instruire les jeunes filles afin de les rendre "utiles et charmantes" pour être de bonnes épouses d'hommes politiques. Le Collège va aller au-delà de l'enseignement secondaire. Il fut fondé par Mlle Salomon, lorraine exilée de la guerre de 1970. En 1909 : création du jardin d'enfants, on recherche ainsi des méthodes nouvelles. Il fut fondé par Mlle Monod. En 1911:ouverture d'un cours pédagogique, "Le Cours Normal " par Mlle Hertz et Mlle Fanta professeur à Sèvres. Mlle Aline Hertz avait ouvert un J.E. à Auteuil qui va s'intituler: "La petite école". On constitue "L'union fröbélienne française" · "Toute l'enfance en plein air du Bastion 42 Centre d'oeuvre d'enfance créé par l'Union des femmes de France." (Croix Rouge) En 1921: Fondation d'un Centre d'accueil pour les enfants menacés par la sous alimentation, la tuberculose ou la syphilis. Ils viennent de quartiers pauvres les pères sont morts à la guerre. Ce sont Mlles Raoul et Bergès, anciennes infirmières à Verdun qui fondent ce centre. Elles obtiennent un terrain de la ville de Paris sur un terrain militaire :Le Bastion 42, à la porte de Courcelles, 42 bd. Bessières. Cet endroit aux portes de Paris permet aux enfants de retourner chez eux le soir. Là aussi comme pour l'Union Familiale il s'agit de protéger l'enfant et par extension, la famille. C.R. de l'assemblée générale Plus tard un Centre social accueille 600 familles. Les fondatrices quittent la Croix Rouge et créent: "Toute l'enfance en plein air". Elles sont soutenues par le ministère et la Croix Rouge américaine. En 1922 il y aura comme activités pour les petits: voir photos sur "Toute l'enfance en plein air"
o Pour l'écolier: Consultations scolaires, colonie de vacances, guignol, douches, louveteaux, consultations post scolaire, cinéma éducatif, chorale, ligue de bonté, école professionnelle. o Centre social familial avec : bibliothèque, cours, conférences, chorales, promenades instructives, ouvroir.
Pour présenter les activités on représente un arbre qui puise sa force dans: l'amour de l'enfance, le patriotisme, la persévérance, la solidarité et le désintéressement. Dans le comité se trouvent : le ministre de l'hygiène, de l'assistance, de la prévoyance sociale, la directrice de l'Ecole Normale Supérieure de Sèvres, la présidente du Conseil National des Femmes Ce genre d'organisation ressemblera celle que l'on désirait mettre en place pour les universités populaires En 1933: ouverture du Centre de formation de jardinières d'enfants. Ceci surtout à la demande des H.B.M. qui ont de multiples J.E. le nom en est: "Centre école d'assistantes sanitaire et social" avec une section de J.E. Après la guerre va à Colombes où elle rouvre son J.E. et son école. en 1960 elle va à Courbevoie où fonctionne un J.E. et une école de formation d'E.J.E., ceci jusqu'en 1986 où l'école arrive à Montrouge au Centre de Formation de Travail Social.
Cette trajectoire est intéressante à suivre et est représentative du versant social de l'éducation.
· 1912: ouverture de J.E. à l'Ecole alsacienne( Montessori)
A la suite de ces créations représentatives de différents courants, création de Deux revues:
-Création de la revue: "jardin d'enfants" avec Mlle Kotzenberg directrice du J.E. du Moulin vert et professeur à l'Ecole Normale Fröbeliennes de Sévigné. Mlle Brandt y publie. -Création de" la revue familiale d'éducation, "le jardin d'enfants". On trouve dans cette revue des réflexions sur la limite des méthodes, sur l'intérêt de faire une méthode bien française, sur l'intérêt de bien observer l'enfant, sur la place de la famille... En 1921: l'Education Nationale organise la formation pour le J.E. et classes enfantines du secondaire. Créations de J.E. aux lycées Molière, J. Ferry; Duruy...Ceci sera supprimé quand les lycées ne feront plus de primaire à partir de 1931. En effet, sur le plan politique, "l'école unique" était un des objectifs de l'époque et les initiatives privées n'étaient pas bien acceptées. Ainsi L'Education Nationale met fin à la formation des J.E. car cela concurrence les écoles maternelles. Par la suite, les classes privées passant sous contrat ne pourront pas être tenues par des pédagogues n'ayant pas de diplôme officiel. C'est la fin d'une époque, celle où le jardin d'enfant est la référence. La profession de jardinière va être obligée de se trouver d'autres orientation, l'éducation de l'enfant étant son seul repère.
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Dates principales pour la suite:
Création de l'A.C.F.J.E. (Association des Centres de Formation des J.E.) Les responsables auront pour premier interlocuteur officiel le Commissariat Général à la Famille en 1942. Juste après la guerre, le Ministère de la Santé publique et de la Population et celui de l’Education Nationale vont échanger avec l’Association des Centres de Formation des J.E. en vue de la reconnaissance d’un statut professionnel et du diplôme. Ceci va déboucher sur le fait que la profession va s'installer définitivement dans le secteur social. 1945 : constitution d'un comité d'étude, collaboration aboutissant à organiser un examen d'entrée unique à prendre position nettement pour un diplôme unique à deux degrés. 1952: réglementation des J.E. au titre de la PMI; "le Jardin d’enfants assurera le développement physique et mental des enfants par des exercices et des jeux." 1954: Agreement des 23 centres qui ont un diplôme commun par le ministère de la santé et de la population. Les études durent deux ans. 1954 : Arrêté pour les garderies, de l'obligation d'avoir un personnel diplômé en J.E. 1956: création du comité d'entente pour 26 centres de formation Présentation des Jardins d'enfants : « qui est un milieu nettement éducatif par rapport aux garderies. Le cadre est agréable, proche de la vie familiale, développement du corps et de l'esprit, aident les enfants à s'adapter à une vie sociale plus large que celle de la vie familiale. Il y a entre 20 et 30 enfants. L'objectif est l'épanouissement et la formation de chaque enfant. Ils favorisent le développement harmonieux de l'enfant, sans donner trop d'importance à l'enseignement; C'est un service social familial, où les parent se sentent à l'aise pour travailler avec les enfants. » Donc il faut assurer une formation de qualité, l'arrêté du 14 avril 1954 marque une étape puisqu'il n'est plus possible de se dire J.E. et de diriger un jardin d'enfants si on ne possède pas un diplôme de J.E. délivré par une école agréé par le Ministère de la santé publique et de la population. 1960: les centres dépendent du Ministère des affaires sociales. Orientation vers les enfants handicapés. En effet la connaissance que les J.E. on du développement sensori-moteur de l'enfant les mette a même de savoir s'occuper des enfants handicapés, surtout les I.M.C. et les enfants atteints de trisomie. 1962: création des Jardinières d'enfants spécialisées Diplôme reconnu par le Ministère et dans la Convention Collective au même titre qu'éducateur spécialisé. Peu à peu les jardins d'enfants vont se restreindre et vont peu à peu disparaître. Pas complètement, mais les écoles maternelles vont accueillir les enfants de 3 à 6 ans, et il ne restera plus de J.E. que dans le privé qu'il soit dans l'enseignement ou les social. Les Jardinières d'enfants vont s'orienter là où il y a des enfants de moins de 6 ans qui ne sont pas en 2cole maternelle pour une raison ou une autre! La profession s'implante dans les crèches, où les éducatrices apportent une dimension éducative, complétant avec bénéfice la formation plus sanitaire des responsables. Elle est aussi dans les haltes garderies, où la pratique fait bien suite à une sorte de J.E.; et où elles peuvent exprimer leurs compétences pédagogiques; dans les foyers de l'enfance, où leur fonction maternelle se justifie; dans les services de pédiatrie des hôpitaux où l’on reconnaît le bénéfice du jeu pour les enfants malades. En formation la psychologie de l'enfant est importante, elle s’enrichit avec la connaissance du bébé et de l'enfant handicapé; les soins de pédiatrie y sont enseignés. La connaissance du secteur social y est importante. On répond peut-être sans le savoir aux vœux exprimés en 1912 par Melle. Barth à l'Association frœbélienne. Elle y recommandait d'étudier les familles, de savoir prendre contact avec les pouvoirs publics pour la protection de l'enfance et de connaître l'économie. Le 11 janvier 1973 est institué le diplôme d'état d'E.J.E. par le ministère de la santé publique. Les candidats masculins sont admis, le programme est refondu, on y conserve les méthodes actives. C'est ici que la profession change d'intitulé et prend le nom d'Educateur de Jeunes Enfants En juin 1973: les J.E. spécialisées peuvent se présenter au diplôme d'éducateurs spécialisés En 1973 : création de la fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants, association professionnelle En 1986 : les EJE étaient employées par des établissement pour enfants de moins de 6 ans à 53% . A 29% dans l'enfance inadaptée et à 16% dans le secteur hospitalier. En 1989: paraît un décret disant que les éducateurs affectés auprès des enfants "au stade de l'éducation précoce doivent être des EJE". Il s'agit des enfants présentant des déficiences intellectuelles, motrices ou enfants polyhandicapés. De plus elles peuvent accéder au poste de directeur. On peut voir que tout au long de son histoire la fonction essentielle de cette profession a été la protection de la petite enfance, ceci explique l'hétérogénéité de ses champs d'intervention Avril 1994 réforme du diplôme. La formation passe à deux ans et demie. De 950 heures à 1200 heures. La partie sociologique, économique, la gestion prennent de plus en plus de place.
Conclusions
On ne peut séparer la profession des EJE d'une formation basée sur la culture générale et d'une formation personnelle. Les parents sont indissociables de la démarche sociale. La profession prend l'enfant dans sa globalité et ce sont par moments les parents qui sont essentiellement visés. Elle balance entre le social, l'éducation et l'enseignement qui est la caractéristique de la prise en charge de la petite enfance.
Par ailleurs l'institution: "Jardin d'enfants" elle même a presque disparue ou plutôt elle est en minorité dans les structures où sont les EJE. Elle a subit une réduction au niveau des âges des enfants accueillis ainsi que de ses objectifs, laissant la place à des formules d'accueil dont les trajectoires ont des origines différentes, comme les crèches et où il est opportun que l'esprit des jardins d'enfant puisse s' épanouir!
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