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Jean Jacques Rousseau
Bibliographie
Biographie
La lecture de "l'Emile"
Ses idées principales
- Houssaye J.; sous la direction de "Quinze pédagogues, leur influence aujourd'hui" Armand Colin; 1994 pages 23 à 35
- Defoe D.; "Robinson Crusoé" Préface de Michel Baridon, Gallimard folio; Paris1997
- Soetard M.; "Profils d'éducateurs: Jean Jacques rousseau (1712-1778); "Perspectives"; Vol.1 p.141-150 1991
- ROUSSEAU J. J., "L'Emile ou de l'éducation" ; Editions Flammarion, 1966.
Naît à Genève en 1712 . Meurt en 1778
Fils d'un horloger, il perd sa mère à sa naissance. Cette dernière était fille de pasteur.
Son père, qui l'élève, a tendance à enflammer son imagination. Il lui lit des romans et Plutarque. D'après « Les confessions », avec son père ils lisent toute la bibliothèque qu'ils avaient hérité de sa mère.
Son père injustement accusé, est obligé de fuir Genève. Il confie son fils à un oncle maternel: le pasteur Lambercier.
Il n'aura pas été à l'école.
Chez son oncle il va vivre beaucoup en contact avec la nature, en compagnie d'un de ses cousins. Accusé d'avoir volé un ruban il est chassé de chez son oncle et il est mis en apprentissage chez un graveur. Il s'enfuit de Genève à l'age de 16 ans.
En 1731 il est recueilli par Mme de Warens
Il sera précepteur, valet, secrétaire d'ambassade à Venise, copiste et surtout homme de lettres. Il publie des traités de philosophie, de politique, d'éducation, de morale et des romans.
Musicien, il écrit des opéras: " Les muses galantes", " Le devin du village" en 1752, il invente une notation musicale.
Se marie avec Th. Levasseur qui est une servante d'auberge ne sachant ni lire ni écrire, de qui il aura 5 enfants qu'il va abandonner.
Voyage dans toute l'Europe.
Madame d'Epinay va lui offrir l'hospitalité près de Montmorency. Il va correspondre avec elle, en lui donnant des conseils pour l'éducation de son fils.
Se brouille avec les autres auteurs de son temps, Grimm, Diderot, Voltaire…
En 1763 la Suisse va lui fermer ses portes. Il finit ses jours à Montmorency chez le marquis de Girardin.
Ses principales publications sont : "La nouvelle Eloïse" en 1761. "Du contrat social" et "l'Emile ou de l’éducation" en 1762 et "Les confessions" en 1771, "Rousseau juge Rousseau" en 1776, "Rêveries d'un promeneur solitaire"1778, année de sa mort.
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tombeau de J.J. Rousseau Ermenonville
Pourquoi écrit-il L'Emile? Beaucoup à cette époque, (en 1750) sacrifient leurs devoirs de parents à leurs plaisirs. On enferme les fils dans les collèges et les filles dans les couvents ou on les confie à des précepteurs.
On peut dire que Rousseau décrit le précepteur qu'il aurait voulu avoir ou être... Quelques jours après sa parution le livre est interdit, après avoir eut un grand succès. Il s’exile à Yverdon. Voltaire parle de "l'enfant le plus mal élevé du monde". Parmi d'autres raisons entrent en jeu le fait que le parlement veut expulser les jésuites, pour se monter impartial il en fait autant pour Rousseau. Son livre est signé, (Voltaire ne signe pas). Mais surtout il remet en cause l'esprit académique et les préjugés sociaux.
Mais le livre est reconnu par les femmes qui se mettent à allaiter leurs enfants. On lui demande des consultations pédagogiques.
Pendant 25 ans il paraîtra 2 fois plus d'ouvrages sur l'éducation que précédemment.
Pour interpréter « l’Emile »…
Il apparaît nécessaire de relativiser à l'époque où le texte a été écrit. En effet de nombreux textes pédagogiques ont été écrits en réaction à certaines attitudes qui paraissaient anti éducatives à l’auteur. Il est indispensable pour le comprendre, de se poser la question : qu'a t-il voulu dire par là ? se libérer d’une lecture trop obéissante, « à la lettre », savoir interpréter ses exagérations, ses contradictions et aussi ses répétitions.
"L'Emile ou de l’éducation" est composé de 5 livres:
Nous allons nous référer régulièrement à certains contenu qui se trouvent dans : "L'Emile ou de l'éducation" ; Jean-Jacques ROUSSEAU ; Editions Flammarion, 1966.
Dans l’introduction, après avoir présenté ce paragraphe où il dit « on ne sonnait point l’enfance… », il déclare que dans ce livre il ne fait que proposer ses idées, page 33
-Le premier parle des premières années de la vie, de l’importance de l’allaitement maternel, des mouvements libres dans les vêtements, sans contrainte, « il faut libérer l'enfant du maillot »p. 66, 67 et 68.
On élève sans hâte, au gré de la nature. Il faut aguerrir l'enfant.
Sur la connaissance de l’enfant, il s’agit surtout de connaître « cet enfant là », ne pas obéir à une méthode, mais à la nature de l’enfant et surtout son besoin d’éducation. Page 113.
-Le deuxième concerne l’enfant de 2 ans jusque 12 ans. L’éducation des sens y est très importante. Il cherche à les perfectionner avant l'éducation de l'esprit. On retrouve ici l'influence de Condillac, Comenius, Aristote. La vie en plein air pour avoir une bonne santé est importante. Le jeu a beaucoup de place. Jusque là « Il n'apprend rien, pas même les fables » !
Le troisième livre de 12 à 15 ans. Là l’éducation intellectuelle est utilitaire et pratique, par les leçons de choses, par la curiosité, on doit donner le goût de la science, l'enfant doit trouver par lui-même, par des expériences, p. 216, l'histoire du canard aimanté : p 222.
Il faut voyager pour apprendre la géographie, mettre les sciences en application. L'Emile apprend la physique, la chimie, l'astronomie et surtout leur utilité : à quoi ça sert? p. 233. Importance de l'histoire naturelle; on tient compte de l'enchaînement qui lie les connaissances les unes aux autres. Partir des besoins naturels de l'enfant pour donner les leçons: la base des centres d'intérêts "inventés" plus tard par O. Decroly. page 238
A 15 ans l’Emile va apprendre un métier manuel, la menuiserie pour être près à gagner sa vie.
Le quatrième livre traite de l’éducation morale et religieuse, éducation du sentiment, on forme le coeur à la pitié et à la charité
Le seul livre que l’on donne à lire à l’Emile est "Robinson Crusoé" car il a appris à se débrouiller avec ingéniosité, à partir de lui-même.
On lui fait découvrir Dieu dans la nature et la conscience de l'homme pour éviter l'idolâtrie. (dans "la profession de foi du vicaire savoyard" et aussi l’influence du piétisme).
On lui fait découvrir aussi les philosophes, Plutarque, Démosthène, Cicéron.
Le cinquième livre concerne l’éducation de Sophie fiancée à l'Emile. Elle est élevée par sa famille, connaît Dieu plus tôt, sort plus tôt dans le monde. Ce qui concerne Sophie est plus traditionnel, elle fait de la dentelle et la cuisine.
Ses idées principales:
Il faut connaître l'enfant. ... (voir "textes fondateurs" sur l'observation)
Il sépare en différents chapitres: la formation des sens, de l'intelligence, la raison sensitive et ensuite intellectuelle. Ensuite vient la formation du cœur : c'est la conscience morale. Ce découpage est très théorique.
Il s'agit pour l'enfant de passer de l'état de nature à l'état de culture sans le dénaturer.
La méthode se base sur l'influence du milieu naturel sur l'homme, le pédagogue sera observateur, il gère aussi cette interrelation entre l’enfant et son entourage..
La nature ne peut se conquérir que par l'apprentissage de la nécessité, après quoi l'enfant est libre, car il a pris l'habitude de se plier à l'exigence des choses et non des gens. Il s’agit de respecter la liberté intérieure de l'enfant.
L'éducation doit être joyeuse et l'enfant doit être heureux puisque son passage de nature à culture est en harmonie avec sa propre essence.
La liberté et le bonheur vont de pair.
L'Emile est sans parents, quoique il parle du profil son père...c’est une des quelques contradictions de l’ouvrage. Il est seul avec son précepteur, mais pas tout à fait, car ce dernier l'emmène dans différents endroits où il rencontre d’autres personnes, de plus n’a t-il pas un gouverneur qui le suit partout car il doit préserver l'enfant des influences négatives. En effet comme l’enfant est bon donc on ne doit pas le contrarier !
Emile a le temps d'apprendre et commence les études tard, après avoir déjà appris beaucoup d'éléments par lui-même jusque l'age de 12 ans. Le précepteur donne des conseils timides. Il respecte les initiatives de son élève mais ne lui enseigne pas d'histoire, de langues ou de littérature. Ce qui est le plus important est l'expérience où l'autorité humaine n'a pas à intervenir, c'est la nature qui se charge de l'enseignement. Il grandit au grand air, s'aguerrit avec le froid, le vent, il fait une gymnastique naturelle, en liberté. On lui demande des efforts proportionnés à ses forces
On lui présente une série d'expériences graduées, son éducation est progressive, on fait appel à sa réflexion, son initiative.
Il n'apprend sois disant rien mais apprend à apprendre.
L'intelligence n'assimile que ce qu'elle découvre par elle-même.
"Tout ce qui profite à l'élève l'excite et l'égaie", c’est la définition de l'intérêt.
A. Comenius
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E. Pikler
Le 18° siècle