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 Institutions d'accueil

Bibliographie  

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Actualisation de la profession des éducateurs de jeune enfants

 Jardins d'enfants (suite)

        Les jardins d'enfants



 

Entre le social et le pédagogique

 

L’histoire des Jardins d’enfants en France concerne l'histoire des méthodes pédagogiques, des structures, des personnes. C’est aussi l’histoire des courants d’idées, des événements historiques et sociaux qui sous-tendent la création de la profession des jardinières d'enfants et son évolution vers celle d'éducateur de jeunes enfants. La formation aussi accompagne la profession, elle en induit l’identité, mais elle peut aussi ne pas être adaptée. Se pose alors la question : quelles sont les compétences demandées par rapport à quelles situations, en fonction de quels objectifs de l’époque?

Au cours de l’évolution chronologique les événements se croisent et se juxtaposent. On va passer d’une dimension à l’autre

On peut déjà dire que la profession de jardinière d'enfant  (EJE) a toujours eu un balancement qui est tributaire de la prise en charge de la petite enfance c’est à dire entre le social et le pédagogique. L’histoire de cette profession a plusieurs caractéristiques: Elle s'intègre dans l'histoire sociale de la France, celle qui au début du XIXe siècle s'est préoccupé de prendre soins de la petite enfance. Elle s'inscrit aussi dans l'histoire de l'éducation et de l'enseignement, que ce soit dans le secteur privé ou public.

Elle reflète ainsi les différentes façons de percevoir l'enfant dans une époque et dans une société.

Par ailleurs différentes données entrent en jeu dans les créations d'institutions d'accueil pour les enfants et leur évolution : les religions, les courants philosophiques, reflétant la perception de l'être humain et de l'enfant qui sont à la base des méthodes pédagogiques; les courants sociaux, dont la lutte contre la misère par l'éducation, les événements historiques, comme les guerres à la suite desquelles on désire changer l'homme, l'économie, comme l'avancée de l'industrialisation entraînant le travail de la femme et une autre organisation de la famille, les découvertes scientifiques, avec Pasteur en particulier; aussi une autre connaissance de l'enfant par l'avancée de la psychologie.

Mais aucune réalisation ne peut se faire sans l'engagement d'hommes et de femmes que l'on appelle éducateurs ou pédagogues qui ont su poser des actes au nom de leurs convictions religieuses ou philosophiques. S'ils se sont inscrits dans les idées et les courants de leur époque, ils ont su au moment voulu, se dégager d'une quelconque idéologie pour ne garder que comme ligne de conduite: l'enfant et son évolution.

C'est aussi une histoire européenne puisque cette profession née en Allemagne avec Fröbel, en 1836, elle est fruit d'apports de pédagogues comme Montessori, italienne, Decroly, belge; ces derniers ayant continué de façon plus scientifique à élaborer des connaissances et des méthodes d'approche de la petite enfance qui sont la base même de la pratique de la profession. Les échanges ont commencé dès le XIXe siècle jusque nos jours, entre l'Angleterre, les pays déjà cités, la Suisse, en particulier l'Institut Jean-Jacques Rousseau de Genève. Il faut rajouter évidemment les progrès dus à la psychologie et la psychanalyse.

"Jardinière d'enfants": L’intitulé de la profession n'a pas toujours été ce qu'il est aujourd’hui. C'est en 1973 qu'il a prit le terme actuel d’Educateur de jeunes enfants. Son origine est allemande, donné par le fondateur des jardins d'enfants, F. Fröbel. Depuis le début du XIXe siècle. F. Fröbel s'était inspiré du suisse J. Pestalozzi et de J. J. Rousseau, mais l'originalité de sa pédagogie était de s'adresser à la petite enfance. La base philosophique de sa méthode vise à ce que l'enfant se construise " par ses propres forces" et devienne de plus en plus responsables de lui même. Il a aussi donné beaucoup d'importance au jeu qui est le meilleur moyen pour l'enfant de développer ses facultés et permet aussi pour l'adulte d'observer et bien connaître l'enfant, car il s'exprime pleinement à ce moment.

L'éducateur a pour mission d'organiser son environnement et des activités appropriées afin qu'il trouve à la fois un bien-être physique et moral pour accéder au développement de sa personnalité.

La méthode Fröbel a commencé par être divulguée en France par la baronne de Marenholtz qui avait observé le pédagogue pendant 3 ans. Après sa mort en 1852 elle a fait le tour de l'Europe et des Etats Unis où elle a fait des conférences des publications et a beaucoup correspondu. En 1855 elle séjourne deux ans en France, fait des expériences dans les salles d'asile avec Mme Pape Carpantier qui, inspectrice générale des salles d'asile, à cette époque, voulait introduire la méthode.

En effet, déjà depuis 1826, des hommes politiques, des philanthropes, des éducateurs français avaient créé les premières institutions recevant des petits: "les salles d'asiles", qui deviendront plus tard les "Ecoles maternelles". S'y intéressent aussi Mme Mallet et F. Marbeau fondateur des crèches.

Les salles d’asiles avaient été créées sous une inspiration essentiellement sociale, très représentatives des courants idéologiques de l’époque: l’éducation du peuple, ceci en référence à différentes expériences antérieures: les “infants school” et L’éducation populaire d’Oberlin.

L’éducation qui s’y fait s’inspire surtout de l’Education Mutuelle. Elle est très rigide et militaire.

En1870: création d'une "Société des écoles enfantines" qui a étudié Fröbel et qui cherche ce que l'on peut adapter de la méthode en France. Une salle de classe Fröbel est présentée à l'exposition universelle.

La méthode attire l'attention de Ch. Fourrier et Auguste Comte. Jules Michelet parle de l'évangile de Fröbel dans: "nos Fils".

En 1883-1885: suite à la Société précédente se fonde l' "Association pour l'étude et la propagation des meilleures méthodes d'enseignement dans les écoles maternelles, enfantines et primaires." Le président est Jules Ferry, le vice-président: Ferdinand Buisson, l'inspectrice est Pauline Kergomard.

Nous verrons par la suite comment les premiers J.E. vont se fonder au début du siècle.

Plus tard Mmes Kergomard et Brès vont encourager F. Nathan à fabriquer du matériel éducatif. Ce dernier ira en Allemagne pour s'inspirer du matériel de F. Fröbel, il fabriquera du matériel en bois.


Nous pouvons voir ici qu'il y a eu quelques échanges entre les grands courants pédagogiques au 19° siècle. Plus tard, la vie politique donnera des orientations différentes aux institutions concernées pas l'accueil des petits enfants.

 

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