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Pauline Kergomard

 

Biographie
Ses idées principales

 

 

Bibliographie
 

  • De P. Kergomard
     

-"L'éducation maternelle dans l'école Paris", Hachette, lère série, six édit: l886, l889, 1901,l908, 19l3, 3l6 p. et 1974, ( préface et notes de Brulé H. et Plaisance E. ) 2e série, l895
-avec Brès S.," L’enfant de 2 à 6 ans, notes de pédagogie pratique", Paris, Nathan, trois édit: 1910, 1915, 1928

- Kergomard (P), "Rapport sur les salles d'asile des académies de Toulouse et de Grenoble" Paris, Imprimerie Nationale 1881, ainsi que rapports de 1882; 1883; 1885; 1886; 1891;1910.
- Kergomard (P;), "les écoles maternelles, anciennes salles d'asile". Paris Impr. Nationale, 1889,
- Durand (A.) et Kergomard (P.) "L'école maternelle" in Dic. de F. Buisson.1910 p. 125.
- Kergomard (P.), "les écoles maternelles de 1837 à 1910, aperçu rapide,” Paris, Nathan, 1910,
- Kergomard (P;), "les écoles maternelles, décrets, règlements, circulaires en vigueur, mis en ordre par Mme. Kergomard accompagnés d'un emploi du temps”. Paris, Nathan, 1905

  • Sur P. Kergomard


    - Carpentier ( Mlle) "La vision de l'enfant chez P. Kergomard" in "Bulletin de la Société Française de pédagogie" N°187 Février- mars 1977 p. de 1 à 15
    - Château J., et Soumalet G., "Pauline Kergomard" in "La psychologie de l'enfant en langue française" p. 52-52 Privat, 1979, 284 p.
    - Derkenne Fr., "Pauline Kergomard et l'éducation nouvelle enfantine", Paris, Cerf, 1938
    - Herbinière Lebert S., "L'éducation pré scolaire" dans l'encyclopédie pratique de l'éducation en France, chapitre 16, p. 579-610, Paris, Ministère de l'éducation, 1960
    - Fageas J., "l'éducation préscolaire, de Platon à P. Kergomard: quelques jalons" in " L'école maternelle française" n° 9 juin 1982 .
    - Herbinière Lebert S., et Charrier Ch., chapitre 6, p.40, "Madame Pauline Kergomard", "La pédagogie vécue à l'école des petits", Paris Nathan, 1966
    -Lapie (P.), Buisson (F)., Avril de Sainte Croix, Evrard, Kergomard (P.) "Pauline Kergomard" un cinquantenaire: 1925-1975, OMEP. 1975
    - Luc J. N., "La scolarisation du jeune enfant depuis le début du XIX°siècle, action sociale et projet pédagogique, p.10-15, dans "La petite enfance à l'école, XIX et XX° siècle", paris INRP et economia, 1982
    - Moussy B.;"Pauline Kergomard et les directrices des écoles maternelles"; thèse de troisième cycle; Sorbonne 1988

    - Plaisance E., "Pauline Kergomard et l'école maternelle", PUF, col. pédagogues et pédagogie, 1996, 2000
    - Sourgen H., " Madame Kergomard (1838-1925) , Madame Montessori (1870-1952) " in "L'école maternelle française", Juillet 1952, n° 10 p. 1 et suiv.

    - Micheline Vincent-Nkoulou, Pauline Kergomard (1838-1925), figure présente, figure absente, thèse de doctorat en sciences de l'éducation soutenue en septembre 2005 à l'Université de Rouen

    - Micheline Vincent-Nkoulou, « La fabrication des figures de deux pédagogues en histoire de l'éducation : Jean-Frédéric Oberlin et Pauline Kergomard », Carrefours de l'éducation, n° 24, février 2007, p. 115-129

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    Biographie   

    Pauline Kergomard est née le 24 avril 1838 à Bordeaux, elle est la troisième fille de la famille Ducos de très vielle souche protestante. Sa mère meurt en 1848. Le père de Pauline se remarie. Les relations de la jeune fille avec sa belle-mère ne sont pas bonnes, aussi Pauline est envoyée 2 ans (entre 13 et 15 ans) dans la famille de son oncle, le pasteur Reclus, qui l’influencera profondément. Pauline Kergomard s’est dit marquée par la pédagogie mise en œuvre dans l’école que tient sa tante, “ école sans programme et sans emploi du temps ”. Pauline y apprendra les bases de la pédagogie qu'elle emploiera plus tard. Par contre la façon dont son oncle pasteur conçoit la religion va lui faire prendre du recul vis à vis de cette démarche, dont elle conservera l'essentiel de la morale: le sens des responsabilité, du travail de la franchise. Ses cousins seront célèbres en tant que révolutionnaires et anarchistes et géographe et un sera un médecin célèbre .
    Elle obtient à 18 ans, brillamment le brevet de capacité qui lui donne le droit d’exercer le métier d’institutrice privée.. A 23 ans, elle monte à Paris et fréquente par l’intermédiaire de ses deux sœurs à la fois la haute bourgeoisie municipale, et la mouvance anarcho-républicaine où elle rencontre Jules Kergomard avec lequel elle se marie à 25 ans en 1863. Pauline va être amenée à multiplier ses activités. Suivant en cela l’exemple de sa tante elle ouvre une pension, deux cours pour jeunes filles, écrit pour un hebdomadaire de mode, écrit un roman, donne des leçons particulières. Elle s’introduit petit à petit dans le milieu de l’édition où Hachette lui confie la direction de “ L’ami de l’enfance ”, revue pour les salles d’asile.
    A 41 ans sur le conseil de Ferdinand Buisson, elle passe et réussit l’examen d’aptitude à l’examen des salles d’asiles en 1879.
    Elle va publier et surtout va être nommée Inspectrice des écoles maternelles et va devenir directrice du journal "L'ami de l'enfance"
    En 1880 existent 4655 salles d'asile et les deux tiers sont dirigées par des congréganistes. La méthode est rigide, l'instruction religieuse et moraliste prime. Elle va, influencée pas la démarche rousseauiste essayer d'intégrer une méthode où la liberté de l'enfant est respectée. Elle va s'atteler à la formation des directrices, intégrer la coéducation dans les écoles,
    Elle va visiter en tant qu'inspectrice de nombreuses salles d'asiles qu'elle va tenter de transformer en école maternelle où le nom de mère n'est pas vain, sous forme de conférences de visites, d'expositions (Les expo. universelles où il y aura aussi le matériel Fröbel) cours dans les écoles normales.
    Au cours de I635 écoles visitées"" Elle va se servir de ses observations pour écrire

      "L'éducation maternelle dans l'école" .Le livre où elle va retransmettre sa pédagogie. Elle y fait des propositions très concrètes dans ses écrits et au cours de ses voyages. Elle et choquée par le manque d'hygiène, d'amour des enfants, et par la bêtise de certaines directrices… elle va publier aussi "L'enfant de deux à 6 ans". Son écriture est très dynamique, vivante, claire!
    Son action en tant qu' inspectrice générale est la promotion d’une éducation qui respecte l’enfant et sa liberté dans les salles d’asile où priment la répétition, l’instruction morale et religieuse.
    Elle sort rapidement de son simple rôle d’inspectrice: au cours de ses inspections, elle n’hésite pas à intervenir dans le déroulement de la classe, à montrer à la directrice comment elle doit faire, prendre la classe en main; de plus elle dépasse de plus en plus ses attributions pour   
     faire bouger plus rapidement les choses dans ses circonscriptions: elle sollicite ainsi sans cesse les pouvoirs publics au niveau local, fait intervenir ses relations, force les inspecteurs d’académie à venir voir les problèmes les plus criants qu’elle rencontre sur le terrain.
    Ses rapports remettent en cause les salles d’asile: l’enseignement y est inapproprié (catéchisme, leçons de choses), le programme scolaire est très lourd, le personnel n’est pas toujours compétent, l’hygiène manque, les locaux sont parfois insalubres, les conditions de travail sont difficiles pour les directrices et les instituteurs (classe de 100 à 150 enfants).
    Elle affirme dans un de ses rapports que les enseignants, la municipalité et les parents sous-estiment l’importance du travail en école maternelle. Mais elle est optimiste, et croit au changement

                                                                                                     

                                                                                                                                   (Dernière édition chez  Hachette, introduction d'E. Plaisance)

    Elle va créer avec A. Binet la "Société libre pour l'étude de la psychologie de l'enfant". Sera la première femme élue au "Conseil supérieur de l'instruction publique".
    Va créer "Le sauvetage de l'enfance", participer à l'activité féministe de son époque. Elle milite pour qu'il y ait une augmentation des Inspectrices (elles sont 8 en tout sur toute la France) et à la Société contre la mendicité des enfants. A participé au Conseil National des femmes.
    Elle pense que la place de l'enfant est dans sa famille et espère qu'au bicentenaire de la révolution française il n'y aura plus d'écoles maternelles. Afin de valoriser le statut des institutrices elle demande qu'elle aient la même formation que celle donnée pour les écoles primaires, mis va le regretter par la suite.
    Elle sera la troisième femme à être décorée de la légion d'honneur.

    Dernières activités.

    En l898,organise une Université populaire avec l'aide d'élèves de 1'Ecole normale, de professeurs d'université et de lycées, d'instituteurs et des artistes. On pouvait y entendre quotidiennement des conférences, des lectures de prestations dramatiques et des concerts.

    Mais l'orientation que veulent lui donner certains de ses collaborateurs et qui n'est pas en accord avec sa pensée qui soutend toutes ses démarches, provoque sa décision de quitter cette institution.

    En 1914, elle organise un Cours pour jeunes devenus oisifs en raison de la fermeture des usines, à cause de la guerre. S'occupe aussi des directrices afin de leur apporter un soutien pendant l'absence de leurs maris partis au front.

    Elle a toujours gardé la direction du Cours normal pour institutrices,qu'elle avait crée avec D. Billotey, ainsi que sa participation au Conseil National des femmes. Elle prend sa retraite en 19l7, à l'âge de 79 ans.

    Cette admirable femme, en plus de sa vie publique, a connu une intense vie personnelle. Veuve en 1901, Ses deux fils ont choisi des carrières similaires: Joseph Kergomard fut professeur de géographie et Jean, directeur d'école normale.

    Pauline Kergomard meurt le ll février 1925 à l'âge de 87 ans.

    Ce que l’on peut retenir des différentes activités de Pauline Kergomard, c’est à la fois leur diversité et leur unité:
    - diversité: car elle a œuvré pour les maternelles, l’enseignement primaire, l’enfance malheureuse, les femmes, l’éducation des adultes.
    - unité: car elle avait un axe constant qui était l’éducation; Ce qui signifiait pour elle, le moyen d’aider l’être humain à acquérir plus de dignité. Et aussi dans le sens où l’éducation exprime l’élévation de l’homme.

     Influences reçues.

    Son éducation protestante l'a marquée. Elle en a hérité les qualités les plus marquantes:

    - Le goût pour le travail. Très active, elle n'aime pas voir un enfant rester sans rien faire, et croit à la vertu du travail pour remettre dans le droit chemin. Dans son roman « Heureuse rencontre, » elle raconte les péripéties d'un jeune mendiant qui se sort d'une mauvaise situation en besognant beaucoup.

    - Son sens du devoir allié à son besoin de dévouement, l'on poussée à créer ou participer à des organismes sociaux où son aide est clairvoyante. Elle y mènera de front différentes responsabilités de haut niveau.

    - Elle a le culte de la vérité, surtout vis à vis des enfants, proteste dans ses rapports ou articles contre les agissements de certaines directrices qui les trompent.

    - Elle croit en ce qui est beau pour l'éducation des petits elle tient à ce que tous soient dans un environnement où l'esthétique est respectée. Elle tient également à leur inculquer de beaux sentiments au travers d'histoires qui se dérouleraient dans « des jardins encore plus beaux que nature. »

    - Le libre examen est le moyen de perfectionnement qu'elle recommande; parle de descente en soi même:il faut savoir s'étudier, se creuser, se fouiller, dit-elle dans « L'éducation maternelle dans l'école », (ler tome, chapitre 7 ).

     

    Pour les protestants l'éducation doit être une science. En tant que pédagogue, elle entre dans la lignée des Jean Jacques Rousseau, Johann Pestalozzi, Frédéric Frôbel, Gabriel Compayré, qui tous issus du protestantisme, ont marqué la pédagogie de cette époque.

     

    Durant sa jeunesse, le pasteur Pélicier, de Bordeaux, a eu une profonde influence sur elle. Né catholique, il avait fondé L'Eglise Romaine pour le Calvinisme et créa la première Eglise libérale. Pauline Kergomard correspond avec lui longtemps.

    Les évènements de sa vie familiale ont du la marquer. Ils peuvent expliquer cette profonde tendresse pour les enfants. Ayant perdu sa mère à dix ans elle a du connaître de grands besoins affectifs. Est-ce là qu'elle puise ses réserves d'attention, de compréhension pour l'enfant qui souffre, n'admettant jamais que par ignorance ou par négligence un enfant ait froid ou qu'il se sente vexé. Il semble, qu'à la mort de sa mère elle fut confiée à des gardiennes qui lui faisaient peur. Sa belle mère parait l'avoir laissée souffrir de froid et être habillée sans goût. Ceci l'a peut-être rendue plus sensible à certaines situations. Sa référence à "la mère intelligente et dévouée", sera constante dans toute sa carrière ne paraît pas, pour elle, une phrase creuse. Mère exemplaire avec ses fils; nous le sentons dans la façon dont elle présente ses observations et les descriptions des tout petits. Nous n'avons aucune indication sur sa mère, mais c'était une femme qui a du lui apporter la force et les fondements nécessaires qui lui donneront l'élan qui l'a soutenue toute sa vie. De plus, les quelques descriptions du milieu commerçant dont elle était issue, nous montrent qu'on y aimait la vie.

    Elle n'hésite pas à se situer comme mère et souvent mettre en avant sa propre expérience avec ses enfants; c'est sa référence, mais c'était la tendance de l'époque pour situer toute éducatrice, aussi bien dans le milieu congréganiste que dans celui des républicains. Cette référence fut donnée aussi par les pédagogues qui l'ont précédée, en particulier Pestalozzi, Fröbel..

    Chez sa tante, Zeline Tringant Reclus, elle a pris de multiples leçons qui lui ont montré ce qu'était l'apprentissage réfléchit dont elle va se faire le mentor toute sa vie. Elle n'a pu avoir autant de conviction dans ses arguments, se répétant constamment, proposant des exercices d'observation, de langue maternelle, de leçons de chose, sans en avoir vécu quelques unes qui eurent pour elle un repère constant. De plus elle suivit sa trace en ouvrant aussi un cours pour jeunes filles.


     

    Choix sociaux et religieux.

     

    Nous avons vu qu'elle a choisi lorsqu'elle monte à Paris de fréquenter sa soeur Noémi, mariée à son cousin Elie Reclus; de préférence à sa soeur Suzanne mariée à Laurand, secrétaire d'Haussmann. Elle délaisse ainsi le milieu bourgeois parisien qui l'amusait quelquefois, n'étant pas insensible aux fastes des sorties, mais qui finissait par lui déplaire en raison de son hypocrisie. Est-ce à cause de Jules Kergomard qui fréquente l'appartement d'Elie et Elisée Reclus qu'elle va de plus en plus chez eux ou l'estime pour ses cousins et leurs idées anarchistes qu'elle trouve généreuses?

    Cet endroit, qui est la plaque tournante des révolutionnaires de l'époque, où on commente des souvenirs d'exil, dans une relative clandestinité, l'attire, peut-être. Elle a vingt trois ans. Pendant trois ans et plus elle va fréquenter ce milieu. Elle en gardera au moins une habitude d'accueillir le plus régulièrement possible toutes les personnes de sa famille et tous ceux qu'elle va rencontrer au cours de sa carrière. Plus tard l' acquisition d'une maison en Normandie, lui permettra de recevoir comme c'était toujours son désir.

    On peut supposer aussi que son amour des paysages de France, la façon dont elle décrit ses voyages, ont été inspirés par les écrits de ses trois cousins géographes. Qu'elle appartienne à la famille Reclus a probablement influencé l'attitude de certains de ses interlocuteurs. Mais, si elle avance certains arguments sur la liberté et la justice, elle n'est ni anarchiste ni socialiste n'est pas pour le changement radical, même si elle a passé sa vie à vouloir modifier de nombreuses situations sociales.

    Très respectueuse de l'être humain, surtout très réaliste, cherche toujours les moyens possibles pour arriver à ses fins. Les anarchistes refusent l'autorité; elle en usera, peut-être en abusera, tout au long de sa carrière; reconnaît celle des autres et surtout fait respecter la sienne. Dirige en se plaçant en maître.

    Un évènement qui l'a obligée à affronter les difficultés de l'existence est son mariage avec Jules Kergomard. Les réactions de celui ci devant les réalités de la vie, l'ont obligée à prendre la situation en mains. Aurait-elle fait tant de réalisations, prenant a bras le corps la réalité de certains courants sociaux, sans être amenée à prendre la responsabilité de sa famille ?Nous le pensons. Une démarche plus profonde l'y poussait.

    Dans le livre écrit par ses fils il est dit que Ferdinand Buisson lui a proposé la charge de Déléguée générale aux salles d 'asile pour l'aider. Mais l'intensité avec laquelle elle a assumé ses responsabilités, montre que ce ne sont pas seulement des problèmes financiers qui l'ont poussée à se lancer avec autant de conviction dans cette action.

    Le protestantisme progressiste l'a aussi orienté dans ses démarches. C'est avec d'autres personnages engagés pareillement dans cette partie la plus libérale de la Réforme qu'elle va participer à son niveau à la scolarisation de la Troisième République.

    Elle se dit agnostique avec cependant un fond religieux. Qu'elle est sa position sur l'enseignement de Dieu dans les écoles ? Le chapitre sur l'éducation morale dans « L'éducation maternelle dans l'école, » n'en parle pas. Par contre à dans ses écrits, on remarque de nombreuses citations bibliques, vestiges de son éducation.

    Elle fera preuve de tolérance en face de quelqu'un de convaincu, comme d'accepter le choix religieux d'un de ses enfants protégés.

    On compte beaucoup de franc maçons parmi ses amis et collaborateurs, mais elle parai trop indépendante pour entrer dans quelque communauté que ce que soit. Encore faut-il que cette Société ait été ouverte aux femmes à cette époque.

    Ses idées sur la neutralité de l'enseignement se rapprocheraient plus de celles de Jules Simon que celles de Jules Ferry. Elle est pour le pluralisme. Libérale, accepte la création d'institutions privées, en étant elle même fondatrice de plusieurs. Elle partage les idées de Jules Ferry sur la démocratie et l'école ainsi que, selon Eric Plaisance, dans la revue Raison Présente, pour les déshérités, et sur la place primordiale de la famille. Parait plus individualiste que ses collaborateurs, ses références sont à la fois plus humaines et plus réalistes.

    Elle n'accepte pas le formalisme, qu'il s'agisse de celui de l'Eglise ou celui de la politique d'Etat: La foi la plus ardente, sans fanatisme, l'esprit de liberté sans rébellion, le respect de la loi, ne sont pas inconciliables avec l'amour des libertés publiques dit-elle dans L'amiral Coligny. Ceci est bien représentatif de ses convictions où liberté et responsabilité sont réunies.

    Ses idées ont provoqué des réactions contre ses prises de position dans le milieu catholique congréganiste, en particulier à cause de ses conseils sur l'hygiène, jugés trop osés. On peut noter qu'elle n'est pas citée comme référence dans le manuel adressé aux directrices congréganistes en l882, alors que d'autres inspectrices le sont. Si les congréganistes sont très critiquées dans ses inspections, il ne nous semble pas que ce soit par sectarisme mais à cause de leur attitude éducative non ajustée.

    Elle s'est engagée très précisément sur le plan patriotique, comme elle l'exprime dans ses écrits. Comme beaucoup à cette époque, subit l'invasion prussienne avec peine. Elle croit à la mission de la culture française. Ce qu'elle pense des conquêtes coloniales ne transparaît pas dans ses publications. Se sentant solidaire de ce qui passe en France, elle désire que les écoles maternelles soient exemplaires.

    Elle s'intéresse aux réalisations faites au delà de nos frontière: va en Suisse et en Angleterre. Apprécie la méthode Frôbel, mais la critique, non seulement parce qu'elle n'est pas bien pratiquée, mais aussi parce qu'elle a été conçue pour la structure mentale des petits allemands si différente de celle des petits français!

    Pour elle, la meilleure méthode est la française. Elle la décrit lors de son premier rapport d'inspection en l88l et encore dans son dernier de 19l0. Ce sera son repère. Pour elle c'est: « La méthode de la raison, du bon sens, c'est l'indépendance, la personnalité, intellectuelle vivifiée encore par ce fond de bonne humeur, de vivacité et d'esprit naturel qu'on attribue à notre esprit national. »

    Ce que nous retenons de ses différentes activités c'est à la fois leur diversité et leur unité. La diversité puisqu'elle oeuvre pour les maternelles et l'enseignement primaire, pour l'enfance malheureuse, des adultes; l'unité, parce que son axe est constant: l'éducation, qui est pour elle le moyen d'aider l'être humain à acquérir plus de dignité.

    Elle s'inscrit concrètement dans son époque, sur le plan religieux, politique, social, mais dans toutes ses démarches on retrouve toujours cette ligne dont la direction va vers l'élévation de l'homme.
     

    Ses idées pédagogiques


    L'école maternelle est une famille agrandie où l'éducatrice est comme "une mère intelligente et dévouée "c'est à dire où les enfants apprennent à vivre ensemble et se respecter.
    Elle compense un manque de la famille mais ne la remplace pas.


     Il est indispensable
    -d'observer l'enfant en liberté, (par exemple dans les jardins publiques).
    -De respecter sa dignité et sa liberté
    -Que l'enfant fasse son "métier d'enfant". Il faut prendre son temps, que l'enfant soit heureux avant d'être instruit.
    -Préparer l'intelligence à ce qu'on lui enseignera en temps voulu.
    -Laisser l'enfant palper, jouer, regarder, seul où avec les autres.
    -Peu d'instruction mais du jeu!
    -Peu d'enseignement de l'écriture à l'école maternelle, sauf un peu pour les plus grands
    -Que l'enfant parle de ce qu'il aime, qu'il raconte ce qu'il a vu! Qu'il comprenne ce qu'on lui dit!
    -D'un point de vue plus éducatif: la confiance est le garant de l'obéissance. Apprendre la morale par les faits, que l'enfant comprenne le sens de la punition, que cette dernière soit en rapport avec la faute.
    - La santé et la dignité vont ensemble.


     D'un point de vue pratique
    - Que les premières heures de la journée soient consacrées aux soins, à la propreté, l'hygiène. Pendant ce temps les autres enfants jouent.
    - Importance de l'ornementation des salles: qu’elle soit à la portée de l'intérêt des enfants.
    - Il faut sortir les enfants.
    - Supprimer les leçons d'histoire de France.
     

    Que dit elle sur l'éducatrice?
    Elle doit œuvrer pour que l'obéissance, de passive qu'elle était devienne réfléchie et consciente.
    "Elle met tous ses soins à former l'esprit d'observation, le jugement et la raison de ses enfants et à tremper leur caractère. Elle y met tout son coeur et toute les délicatesses de celui ci, craignant toujours d'étouffer par son intervention, si délicate soit elle, quelque bon germe prêt à éclore, d'absorber dans sa personnalité propre, la personnalité qu'elle même tend à fortifier. Jour après jour elle distribue la nourriture intellectuelle et morale comme elle distribue la nourriture matérielle, à telles doses qu'elles puissent toujours s'assimiler.
    En un mot, elle laisse vivre ses enfants, les aidant seulement à vivre. Elle tache d'en faire des être "bien portants, intelligents, heureux.


     

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