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Andréas PETÔ

ou

"La Pédagogie Conductive"

 

Bibliographie 

 

-Compte rendu du colloque sur : " L'Education Conductive de Pétö et l'IMC, des fondements aux applications" organisé par La Plate-forme Régionale France- Belgique pour l'Education Conductive ; Unesco ; 17 janvier 2003

 

Site

http://www.afpec.asso.fr/main/education_conductive1.html

http://www.geslafamille.be/projets.htm

 

Introduction

L’éducation des enfants IMC est bien souvent caractérisée par de nombreuses sollicitudes sous forme de rééducations multiples oû le corps de l’enfant prend toute la place car on veut lui apporter la mobilité et l’adresse manuelle dont il est privé. C’est ainsi que sa vie est souvent morcelée, avec un programme de ou toutes les rééducations qu’ils doit subir l’empêchent de faire son " métier d’enfant ". Sollicité par de multiples apprentissages il devient plus un objet qu’un sujet car il doit supporter les projets des rééducateurs, celui de ses parents, celui de ses maitres...chacun tirant la couverture de son coté avec des arguments irréfutables quant à la justification de leur action. Que devient l’enfant oû est son autonomie, son imaginaire, sa possibilité de rêver, mais aussi son temps d’assimilation, de mûrissement, lorsque ses journées sont comblées par de multiples séances de rééducation, par l’école, par différents apprentissages qu’un enfant valide fait sans se rendre compte...Il se réfugie dans la passivité et on lui reproche !

L’éducation Conductive d’A. Petö a eu le génie de prendre en considération ce rythme infernale imposé a l’enfant et lui a rendu sa place d’acteur dans sa propre vie. Cette façon de faire reconnaît que les problèmes des jeunes IMC ne sont pas seulement définis par sa motricité déficiente mais que le handicap affecte toute leur personnalité et que c’est à la globalité de cette dernière qu’il faut s’adresser.

Elle lui permet d’entrer dans une dynamique oû il a sa place. Les interactions entre les intervenants lui laissent une place.

 

Biographie

 

(Cette biographie est issue d’ articles et de communications d’Yves Bawin responsable de l’éducation conductive a " La Famille" Centre pour Enfants Handicapés Moteurs IMP Bruxelles.)

Andréas PETÔ (l893-l96l), médecin hongrois d'origine juive, imagina son système d'éducation spécialisée : " l’éducation conductive "dans les Années 40: il voulait permettre aux enfants infirmes moteurs cérébraux de grandir comme tout enfant, dans la vie de tous les jours dans le contexte social hongrois. L'idée originale du Docteur PETÖ fut de vouloir permettre à l'enfant porteur d'infirmité motrice cérébrale de se développer vers l'autonomie comme tout enfant.

Le souci d'efficacité dans un contexte donné s'allia à une philosophie très humaniste et ouverte qui donna à l'éducation conductive toute son originalité. Sans doute faut-il y voir le résultat des influences multiples qu'il connut à Vienne où il fit ses études de médecine et où il pratiqua pendant quelques années la psychiatrie et la médecine physique; c'est là qu'il rencontra des personnalités comme Freud, Jacobson, Moréno... avant de devoir fuir au moment de l'Anschluss.

Toute sa vie, le docteur Peto lutta pour mettre sur pied cette approche de l'I.M.C. et pour créer un nouveau genre de professionnel adapté à son projet " le conducteur " . Il fut renvoyé d'un ministère à l'autre, l'Education Nationale considérant son travail comme de la thérapie et la Santé Publique ne reconnaissant pas la dimension éducative de sa conception. C'est à la fin de sa vie que l'institut qu'il dirigeait à Budapest fut transféré au ministère de l'Education Nationale et que le titre de " conducteur" fut officiellement reconnu et soumis à une formation de 4 ans équivalant à une licence universitaire.

Le docteur Maria HARI succéda à Petö et petit à petit le succès de ce travail, au départ créé par et pour des Hongrois, fascina parents et professionnel d'autres pays.

Une association internationale.

Dès les années 60, l'Education Conductive connaît un essor croissant dans de nombreux pays

tels l'Angleterre, l'Autriche, le Japon, Israël, Hongkong, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc... où universités et pouvoirs publics s'y intéressent de près en mettant l'accent sur la recherche théorique et l'adaptation à d'autres contextes. Ce processus aboutit, en l993, à la naissance officielle de l'International Association for Conductive Education, indépendante du centre Petö de Budapest

En Belgique, dès Je début des années 80, Je docteur Kulakowskiw, neuropédiatre, a introduit l'Education Conductive au centre .'La Famille" à Bruxelles.

Par suite, des parents néérlandophones créèrent l'association '"Stap voor stap" destinée à soutenir des initiatives d'éducation conductive en Flandre alors que du côté francophone existait un groupe de travail réunissant des professionnels: Le groupe "Eni-Peto"(Education Neurologique Intégrée).

C'est ainsi que, rassemblant et coordonnant ces initiatives et d'autres, l'Association Belge de la

Pédagogie Conductive fut créée en juin l992 regroupant donc. parents et professionnels tant du nord que du sud du pays; L'Association Belge est elle-même membre fondateur de l'International Association for Conductive Education.

L’Institut A. Pétö ou l’éducation conductive

A Budapest, l'institut Petö a reçu jusqu'à 800 demandes par an. Cette concentration en un même endroit d'enfants atteint de pathologie neuro-motrice est assez unique et impressionnante.

Autre élément, le métier de conducteur est reconnu par l'état qui fournit le diplôme au terme de 4 années d'étude. Ce diplôme donne également accès à la profession d'enseignant dans ce que nous appelons le cycle fondamental donc maternel et primaire.

Il devient pour un moment, mais pour un moment seulement, institut d'état et à ce moment là il est jumelé géographiquement au collège de " conducteur ", de manière à proposer aux étudiants une formation professionnelle qui allie pratique et théorie dès la première année.

les parents ont un congé payé pour s'occuper de leur enfant handicapé en bas âge et il est prévu dans la société hongroise qu'ils se rendent avec lui à l'institut PETÖ pour apprendre comment bien l'aider à grandir avec et malgré son handicap.

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Idées pédagogiques générales 

 

Les objectifs de l’Education conductive.

- Permettre à l’enfant porteur d'infirmité motrice d'origine cérébrales de s’intégrer dans un cursus scolaire ordinaire c'est-à-dire atteindre le même niveau de compétence que l'ensemble des autres élèves.

- Qu’il apprenne a être acteur et responsable de sa propre vie avec et malgré son handicap.

- L’acquisition de son autonomie avec et malgré les réactions familiales de surprotection ou même les conséquences de la vie institutionnelle qui ne lui permet pas d’être en contact avec les réalité de la vie.

 

Les moyens : " globalité et continuité. "

Ils sont multiples et s’adressent non seulement aux enfants mais aussi a tous les adultes qui le prennent en chargent et qui doivent modifier leur façon de voir.

Comme nous l’avons vu plus haut l’ approche globale de l’enfant, est essentielle. Ce qui signifie prise en considération à la fois de toutes ses dimensions : motrices, affectives, relationnelles, cognitives, sociales,

de façon équitable, sans donner plus d’importance a la rééducation motrice. Cela suppose:

- D’élaborer un travail pluridisciplinaire et de donner de l’importance aux liens entre les personnes qui s’occupent de l’enfant 

- Une vision positive de l’enfant. C’est une attitude d'attente positive, dynamique, de respect et de confiance. C'est aussi une attention permanente, tout au long de la journée au groupe d'enfants et à chacun des enfants.

-D’aider l’enfant a contrôler son handicap et a élaborer des stratégies pour le gérer, le dépasser et vivre avec.

-D’aider l’enfant à se comprendre, a comprendre comment il fonctionne. C’est a dire travail sur l’évocation, l’anticipation l’image mentale. (On retrouve ici la démarche d’introspection d’A de la Garanderie.)

- Un travail sensoriel et moteur a travers les petits évènements de la vie quotidienne, pour que les gestes aient un sens immédiatement.

- De prendre en considération le groupe d’enfants avec ses interactions, s’en servir pour apprendre a chacun a avoir une place et savoir créer de bonnes relations.

-Une collaboration avec les parents , car il n’est pas possible de prendre en considération l’enfant en dehors de sa famille, ni d’ impliquer cette dernière dans l’éducation de son enfant.

 

L’agent principal : le " conducteur "

La gestion de l’approche globale est confiée au conducteur.

Il assure la continuité et la cohérence de la prise en charge de l’enfant. Il fait le lien entre les différents intervenants. Il va garantir que cette éducation intègre tous les aspects du développement de l'enfant dans une unité cohérente et motivante.

L'intervention du conducteur est par essence pluridisciplinaire, Les divers apprentissages sont intégrés dans la dynamique et la complexité du développement de l'enfant afin en fait que l'enfant puisse y donner du sens, afin qu'il puisse en faire réellement quelque chose pour lui même et par lui-même.

Pour cela, le conducteur doit créer une atmosphère où chacun est en confiance et soit reconnu. Il doit avoir des attentes précises et différentes pour chacun des enfants, établir des chemins différents au sein d'activités communes.

Le travail en éducation conductive est essentiellement transdisciplinaire. Le conducteur, dans cette logique de développement déjà décrite, n'est pas responsable seulement de la motricité ou du langage, il est responsable de l'enfant dans son entité.

 

Approche globale " de l’enfant

Le travail pluridisciplinaire et l’organisation institutionnelle

Pour pouvoir éduquer l'enfant IMC à ce type d'autonomie quotidienne il faut acquérir et partager des compétences et des connaissances qui dans notre système habituel sont éparpillés entre plusieurs spécialistes. C'est travailler avec d'autres, en équipe, c'est savoir partager un même projet, c'est pouvoir se faire confiance, oser travailler sous le regard de l'autre.

La prise en compte des différentes dimensions du développement de l'enfant, affective, motrice, cognitive, relationnelle; exigent un travail pluridisciplinaire entre de multiples professionnels: kinésithérapeute, enseignant, psychologue, psychopédagogue, orthophoniste et bien entendu les médecins.

Ceci se traduit par une organisation du travail basée sur des équipes pluridisciplinaires dans lesquelles on rencontre des identités différentes et des fonctionnements différents mais le projet d'éducation conductive doit concilier et modifier les habitudes culturelles. Il y a comme une perte d'indépendance du professionnel qui agit souvent seul de manière individualiste et qu'ici il doit s'intégrer dans une équipe et donc quelque part être sous le regard de la direction.

Les réunions de semaine, tout l’emploi du temps qu’on met en place dès le début d’année sert à peaufiner toute cette trame en plus des réunions de concertation avec la direction permettent de recentrer parfois les choses pour pouvoir aller au plus près dans les objectifs que l’on se fixe. Il est indipensable de faire des

mises au point et des définitions communes et transversales entre les différentes disciplines d'objectif commun tant pour les élèves, les enfants, qu'au niveau du projet de l'institution.

Il ne s'agit pas seulement de faire la somme de ces compétences, il s'agit d'intégrer toutes les connaissances et les compétences dans un seul projet. Cela pose implicitement les questions de formation, les questions de travail en équipe, les questions de langage commun, de concertation, de la formation continue.

 

Les parents

La collaboration avec les parents est très importante et elle se réajuste continuellement.

Pour certains parents, il semble être très dur de se détacher de leur enfant. on peut arriver parfois à des surprotections qui sont liés à des séries d’éléments mais peut-être aussi au fait que les parents ne savent plus ce qu’ils peuvent exiger par rapport à leur enfant.

Soit on est dans des exigences beaucoup trop importantes et qui provoquent chez l’enfant une image de lui très négative, soit on n’ose plus avoir d’exigences parce qu’on ne sait plus quoi leur demander.

C’est clair que le comportement des parents détermine le niveau de responsabilité des jeunes. Si le jeune IMC a eu l’occasion de prendre des responsabilités dans sa propre vie, il est plus mûr . Un enfant surprotégé n’aura pas de relation sociale et trouvera peu de point de référence extérieure indispensable pour une évolution positive.

Quand leur enfant existe, avec ses responsabilités, ses droits, il arrive aux les parents ne soient plus trop d’accord avec eux. Un jeune IMC indépendant ne correspond pas avec l’image classique qu’on a d’un jeune handicapé. La pédagogie conductive nous présente une nouvelle personne handicapée, avec des droits et des obligations, un être humain qui a le droit de prendre des décisions, de prendre des responsabilités. La coopération avec des parents dès le début est donc très importante car il est nécessaire pour eux donc avoir des repères qui leur permettent d’attendre quelque chose de leur enfant, mais qui soit une attente réaliste qui leur apporte des résultats, qu’ils aient l’impression d’avoir des outils qui ont un sens.

La collaboration entre professionnels et parents implique notamment la présence de parents dans l'institution, au sein de salles de classe, des salles d rééducation et ainsi que la mise au point d'objectifs en commun.

Si les professionnels sont là avec leurs compétences, dans une recherche commune de sens il y a peut-être un rapport " de pouvoir et de savoir " qui est différent.

Cette vision repose également sur l'importance accordée au liens familiaux ainsi qu'à la fonction éducative première des parents mais aussi sur cette conviction que l'enfant peut développer les interactions qui lui permettent de prendre sa part active dans la vie sociale et cela qu'il s'agisse de la famille, de l'école, des loisirs, du travail. les parents perçoivent de mieux en mieux comment aider leur enfant à surmonter ces dysfonctions pour faire tout seul.

les parents puisent dans le plaisir de ces interactions à la fois l'énergie et la stratégie qui vont leur permettre de poser les jalons indispensables à la prise d'autonomie.

Dans ce processus d'éducation conductive, ce sont les parents qui vont amener leur enfant à grandir, à être prêt pour cette première grande aventure de l'autonomie qu'est l'école.

On dirait que certains parents réalisent seulement la gravité du problème de leur enfant au moment de l’adolescence et dans ce cas, la réaction sera différente.

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" Avec et pour l’enfant "

En plus de leur motricité déficiente le tableau clinique des enfants I.M.C. est surtout dominé par des troubles dits associés: dyspraxie, dysphasie, trouble de l'attention, de la concentration, de la mémoire, etc. De plus il n’y a pas deux profils d’enfants semblables. C’est pourquoi il faut aussi miser sur ce qui est réellement possible dans ce contexte précis, concret, spécifique qui est là de par les caractéristiques de l’enfant et pour lui. Dans chaque situation une pratique innovante doit chercher les courroies de transmissions particulières entre les différents acteurs qui permettent de mobiliser les énergies et les structures sans à coups, afin que chacun puisse être efficace et que l’enfant évolue a son propre rythme donc il est souhaitable d’analyser le bénéfice réel que les enfants et leur famille retirent effectivement de cette application.

Que faire pour aider l’enfant à s’acheminer vers son autonomie ?

Donc étant donné les dysfonctions qui, chez l'enfant avec une infirmité motrice cérébrale, parasitent et entravent le développement naturel, PETÖ va chercher une autre manière d'enseigner à ces enfants les chemins, les stratégies particulières pour arriver à cette autonomie.

L’enfant se connaît, se comprend, domine son handicap

L’éducation amène l’enfant à travailler sur son intentionnalité, sur la conscientisation qui sont des concepts importants en éducation conductive. Les techniques utilisées doivent s'intégrer vraiment harmonieusement dans l'ensemble pédagogique qui doit être cohérent où l'on ne fait pas faire des exercices à l'enfant mais bien où on lui propose un chemin pas à pas pour découvrir et aboutir à une activité autonome. Dans la vie quotidienne

On peut donc dire que l'éducation conductive est une éducation cognitive dans le sens où elle table sur l'intelligence de l'enfant à se comprendre et à élaborer des stratégies adéquates pour réagir.

Très tôt, elle lui apprend à être le chef de son corps et acteur de ses apprentissages et de son développement; c'est en fait plus qu'une éducation motrice.

L’enfant se dit avec ses propres mots, "je vais faire quelque chose, je me donne un but, j’anticipe mes gestes et ensuite je fais" La conductrice aide l’enfant à verbaliser.

Peu à peu, les mots vont devenir moins importants mais l’évocation intérieure est nécessaire à la réussite de la tâche.

L’enfant se sent tellement responsable qu’il commence à analyser ses mouvements, à travailler d’une façon plus analytique, à prendre ses décisions, par exemple : " comme je ne veux pas consacrer plus de temps à ma rééducation je choisis d’utiliser le temps pour mes études, etc.. ; "

Ils prend l’habitude de réfléchir sur la façon qu’ils doit résoudre son problème. C’est ainsi que les jeunes IMC éduqués de façon conductive sont capables de résoudre leurs problèmes en trois étapes,: " qu’est-ce qu’on va faire, est-ce que je peux résoudre ce problème, " ils analysent. Ils font l’évaluation, " est-ce que la solution est bonne, est-ce que j’ai bien travaillé ou pas. "

la pédagogie conductive a donc une influence sur le style d’apprentissage. Par le fait que les jeunes apprennent à verbaliser, ils sont bien concentrés, ils ne sont pas facilement distraits, ils entendent ce qu’ils disent, leur communication s’améliore, ils expliquent à eux-mêmes ce qu’ils doivent faire, ce qu’on doit apprendre. Ils sont habitués à apprendre de cette façon dans les séances de rééducation motrice.

Cette habitude d’apprendre à haute voix sont les mérites de la pédagogie conductive. ça a une influence sur leur prise en charge de la responsabilité.

 

Langage précis

les apprentissage sont étayés par un langage très précis, spécifique qui va donner à l'enfant et aux parents, plus tard aux enseignants les véritables points de repères.

Le langage, donne, peu à peu à l'enfant, les clés de contact avec son corps.

Les jeux, les chants mais surtout les comptines sont utilisées contribuent à créer une certaine atmosphère, ils sont aussi des tremplins idéaux pour le transfert à la maison où les parents vont répéter de manière naturelle ces activités. Le rythme de ces chants, il est important car il supporte vraiment l'action de l'enfant et son envie de recommencer.

C'est aussi une porte d'entrée ludique et interactive vers le langage.

 

Le groupe

Autre outil éducatif: le groupe facilitateur de l'apprentissage, qui est à la fois un moyen et un but dans cette pédagogie spécialisée. Il n'est pas une unité obligatoire, il existe des sous-groupes et des tâches individuelles. Il fonctionne bien si on individualise bien car on ne demande pas de faire la même chose ensemble et au même moment. Le groupe favorise le interactions et la communication. L'enfant y est reconnu par ses pairs et adultes, il peut apprendre par comparaison, décentration, contingence.

Souvent quand l’une d’eux rencontre un problème, un autre l’a déjà rencontré dans le passé et l’a déjà résolu. Tous ces jeunes vivent dans un contexte différent mais ils reconnaissent beaucoup de leur propre aspect chez les autres.

Les membres du groupe fonctionnent comme point de repère les uns pour les autres. On y cherche ensemble des solutions, on y travaille ensemble continuellement sur la motricité, la communication des problèmes d’apprentissage, etc..

Pour tenir le coup, parce que le groupe travaille ensemble depuis sa plus tendre enfance, les compagnons se stimulent. Le résultat est une atmosphère positive de travail ainsi les modèles sont accessibles, réalistes et positifs.

Si l’atmosphère du groupe est bonne, les jeunes se trouvent supportés par les copains. Evidemment le rôle du conducteur est fondamental pour déterminer cette atmosphère.

Par ailleurs le groupe est un but, parce que éduquer c'est rendre actif et responsable l'individu dans la société. Il faut développer chez lui progressivement le sentiment d'appartenance à une communauté engagée dans un projet collectif enrichi de la diversité de chacun.

Les enfants peuvent être ainsi très entreprenants, épanouis, actifs, motivés, se prenant en charge, agissant par eux-mêmes en interaction dynamique avec les autres enfants de leur groupe.

Bien dans leurs corps, ils arrivent à gérer leur motricité particulière de manière efficace.

Les adolescents

(Nous nous inspirons pour ce paragraphe de l’intervention de Mme van Helmont lors de la journée de janvier 2000 sur l’éducation conductive, a l’UNESCO.)

La question qu’on doit se poser est : est-ce que la pédagogie conductive peut donner une réponse à la demande des adolescents même des ados qui ont déjà bénéficié de la pédagogie conductive pendant leur enfance.

Les difficultés, le déséquilibre provoqué par la croissance, que tout le monde a durant son adolescence, les jeunes IMC en souffrent également.

Quelles sont les conséquence pour eux ? le risque de contracture s’aggrave à cause de la croissance énorme, les perturbations de l’élasticité musculaire se déplace. A 14 ans, certains ados ne ressemblent en rien de ce qu’ils étaient à 6 ans. Nous constatons assez souvent de grandes modifications.

La disharmonie temporaire qui est caractérisée par cette croissance souvent perturbe le schéma corporel et la conscience corporelle.

Même les adolescents valides éprouvent la difficulté à se forger cet air nouveau. A cause de la croissance par leur sexualité naissante et les autres changements psychiques.

Les adolescents IMC doivent supporter cela aussi. Ils ont alors besoin d’une nouvelle rééducation pour découvrir un équilibre nouveau.

Ici se pose un nouvel obstacle pour les jeunes handicapés intégrés dans les écoles ordinaires, les copains ne figurent pas assez une référence car les autres élèves sont valides. L’ado IMC est le seul dans cette école qui ne marche pas bien, qui ne parle pas comme il faut, qui a des problèmes pour suivre le rythme pour écrire, etc…Il ne fréquente pas d’autres personnes handicapées dans son école. Le contexte de la pédagogie conductive donne une réponse spécifique à cette demande. Durant cette période, il nous demande une reconnaissance spécifique. Comme ils sont si vulnérables, les conducteurs doivent montrer un respect fondamental. L’utilité de l’humour est indéniable mais utilisons le délicatement.

Quelle est maintenant la réponse de l’éducation conductive ? il y a une réponse au point de vue de la motricité, la croissance énorme augmentant les risques de contractures.

Pour éviter les complications orthopédiques, il est absolument nécessaire de prêter attention à la position assise et verticale, à l’exécution des mouvements de la façon la plus correcte possible, et ça non seulement pendant une séance d’une demie heure mais pendant toute la journée.

La pédagogie conductive qui se compose d’un travail continu appliqué toute suite dans la vie quotidienne peut être une très bonne réponse à cette nécessité. La perturbation du schéma corporel ne peut être corrigé que par un processus d’apprentissage actif et cognitif.

Un des avantages de la pédagogie conductive est qu’on considère le jeune IMC comme une personne en plein développement Ceci a au moins deux conséquences : on ne peut pas faire abstraction de la motivation de ceux qu’on veut éduquer. On considère le problème IMC comme un problème de processus d’apprentissage qui a une influence sur tous les aspects de la personnalité.

Nous motivons de différentes manières. Le fait que le client n’a pas l’impression de subir un traitement mais au contraire qu’il y participe activement, le met en mesure d’apprendre quelque chose.

Le groupe donne plusieurs modèles d’identification dont on a vu plutôt les adolescents ont tant besoin... On se connaît très bien, on connaît les points forts des autres, on a accepté les points faibles. Ca donne une atmosphère agréable dans laquelle on admire la personnalité des autres.

 

Sur un plan plus pratique, par exemple, en classe maternelle, les objectifs sont surtout la socialisation, l'apprentissage de l'autonomie, le langage, les pré requis scolaires qui font partie du programme. L'enfant se découvre actif dans un monde social.

 

L’accueil.

L’ accueil se fait en chantant, c’est le moyen que le premier conducteur utilise pour créer une atmosphère de détente et permettre à chaque enfant de trouver sa place au sein du groupe. Il fait une mise en appétence, qui stimule l’étonnement, la curiosité, l’anticipation et donne à l’enfant l’envie d’apprendre. Dès leur arrivée en classe, les enfants participent de manière très active au déshabillage, chacun à son rythme en insérant les stratégies apprises.

Par ailleurs, dans la classe, l’institutrice accueille les premiers enfants pendant que d’autres dans le couloir mettent en pratique ce qu’ils ont appris pour enlever et pendre leur manteau. Aussi, à son entrée en classe, un enfant marche latéralement pour regagner son tabouret comme il vient de l’apprendre dans la série d’activité motrice sur table.

 

"La fixation"

Pour le travail de fixation l’enfant tient une poignée qu’il utilise pour l’aider à lutter contre une partie de ses réactions motrices associées et parasites. Cela lui donne une certaine sécurité et le libère pour agir avec les membres non immobilisés. le travail des membres inférieurs se fait les mains fixées mais également le travail des membres supérieurs avec les pieds fixés. Il peut ainsi dissocier les membres inférieurs, prendre et lâcher, contrôler les réactions associées, pointer, cibler, dissocier les doigts, ainsi que transférer le poids du corps et écarter les jambes.

Il y a bien sûr toute la vérification d’une position assise correcte et le contrôle des réactions associées.

 

Le travail sur la motricité

La série d’activité motrice sur table commence logiquement par le déshabillage et la mise du short

Après une courte séquence d’assis / debout, les enfants grimpent sur les tables pour entamer une suite de tâches motrices en coucher / ventral, en coucher / latérale puis en coucher / dorsal.

Après être descendu debout face à la table, pour deux ou trois tâches plus complexes, les enfants se rhabillent pour terminer par une chanson comptine face à face debout autour d’une table. Enfin, ils se déplacent en marche corrective jusqu’aux toilettes et vers la cours de récréation. Comme pour le reste de la rééducation toute activité doit avoir un sens immédiat pour l’enfant.

Une tâche que l’enfant a déjà réalisé en coucher / ventral est reprise en coucher / dorsal. Elle prépare à toutes les stratégies requises pour les déplacements et l’habillage.

Il y a de plus tout un travail de latéralisation et d’interaction avec les autres enfants.

Quand l’enfant réalise a un travail pour les membres supérieurs on accompagne verbalement les intentions rythmiques ce qui crée une bonne dynamique de groupe.

Après avoir bien pressé sur les pieds, les enfants sont prêts à réaliser une petite comptine faisant intervenir principalement le pointage.

Les enfants accompagnent les gestes avec la parole.

Debout les enfants réalisent des tâches plus complexes qui préparent à tous les déplacements qu'íls devront réaliser. Par exemple : transférer le poids du corps, écarter et rapprocher la jambe, mais aussi faire un travail de dissociation des membres supérieurs qui préfigurent tout ce que l’enfant utilisera comme stratégie pour enlever ou mettre un pantalon par exemple.

Les enfant prennent ensuite toutes les initiatives opportunes pour sortir de leur voiturette et enlever leur manteau. Ce qui les rend fiers et motivés pour continuer leur tâche de déplacement vers la classe ou la salle à manger.

 

Mémorisation et autre activité mentale

Cela consiste en tout un travail sur l’anticipation, la mémorisation, l’organisation dans le temps, l’organisation dans l’espace avec comme par exemple le repère numéroté des phrases à lire.

Une fois réunis autour de la table, les enfants se trouvent dans une situation, une démarche de logique de mémorisation pour rassembler l’ensemble des accessoires nécessaires pour par exemple la réalisation d’un bricolage. Des notions de nombre, d’identification interviennent ainsi que l’éveil du toucher et de l’odorat. A nouveau, le 1er conducteur veille à favoriser les interactions.

Cela continue par la lecture d’un mot à mettre en mémoire jusqu’à la fin du programme. Chaque enfant a un petit mot à lire sur une réglette et à mettre en mémoire jusqu’à la fin du programme. Ce mot est en rapport avec la lettre, le son, le timbre ou les mots de vocabulaire travaillés ou vus en classe.

En fin de programme, les enfants se mettent assis en bord de table et c’est à ce moment qu’ils vont repêcher le petit mot mis en mémoire.

Pour cet exercice nous proposons 6 couleurs, les enfants choisissent la couleur par élimination.

Pour les apprentissages de lecture, le petit groupe se divise en deux parties : 5 enfants travaillent déjà sur les sons simples, le 6ème enfant, plus jeune, débute l’apprentissage de la lecture en individuel au stade de la fusion syllabique.

Les enfants doivent retrouver par le biais de la lecture les six catégories jour, date, mois, année, météo et saison et y associer les bonnes réponses. Le calendrier mis à jour, nous travaillons sur le vocabulaire et la mise en mémoire des différents mots déjà appris ; en principe un mot nouveau avec une courte définition leur est proposé chaque jour.

Dans les stratégies utilisées en classe, il y a par exemple la numérotation des phrases à lire pour mieux se repérer, ainsi que l’utilisation des référentiels comme le tableau, ou les mots de vocabulaire du calendrier

Dans ce nouveau moment d’apprentissage, toutes les stratégies d’anticipation, de mémorisation, d’organisation dans le temps et dans l’espace sont à nouveau mises en place comme elles l’étaient aussi dans une activité motrice précédente.

Après un travail individuel en lecture dans le même local, les enfant peuvent partager avec fierté leurs apprentissages avec les autres enfants. le groupe se reforme pour une mise en commun des apprentissages respectifs.

Au moment du rhabillage pour sortir de la classe, les enfants mettent directement en pratique certaines stratégies travaillées pendant la série d’activités ce qui les rend les plus actifs et plus autonomes.

Chacun des enfant a des consignes individuelles de marche corrective et ils sont accompagnés verbalement lors de leur déplacement, par exemple jusqu’à la cour de récréation.

Continuellement l’enfant est provoqué sur le plan intellectuel, moteur, affectif vers une activité qui débouche sur quelque chose de concret.

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Education spécialisée 3

Education spéciale XX ième siècle